Privatisation d'ADP: le projet de référendum dépasse le million de signatures

Les opposants à la privatisation d'Aéroports de Paris viennent d'enregistrer une première victoire. Elle est surtout symbolique puisqu'ils ont réussi à rassembler plus d'un million de signatures pour demander un projet de référendum d'initiative partagée.

Au 4 décembre, le Conseil constitutionnel a enregistré 1 000 500 signatures soit 31 500 soutiens de plus que lors du dernier pointage effectué par les « Sages » le 20 novembre. On est encore loin des 4,7 millions de soutiens nécessaires pour organiser un référendum d'initiative partagée. Qu'importe, estiment les parlementaires à l'origine de cette initiative : Emmanuel Macron doit désormais consulter les Français.

Leur écharpe tricolore au-dessus de leurs manteaux. Ils étaient une quarantaine de parlementaires à célébrer ce million de signatures devant l'Assemblée nationale ce mercredi. Des députés mais aussi des sénateurs, de droite, de gauche et d'extrême gauche. Tous ont le sentiment d'avoir accompli un petit exploit face au gouvernement qui a refusé de relayer leur initiative. 

Un chiffre atteint à la veille d'un grand mouvement social

« Il y a un peu d’abus quand même. Dans la mesure où c’est un acte officiel que d’organiser un référendum, on devrait être aidé par un accès aux moyens de communication, comme dans une campagne électorale », explique le leader de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon.

Les opposants à la privatisation d'ADP auraient préféré atteindre le million de signatures bien plus tôt. Mais pour certains, il n'est finalement pas si mal que ce cap soit franchi la veille d'un grand mouvement social.

« Je ne crois pas au hasard dans les dates, affirme Patrick Kanner. Peut-être que les Français ont voulu là aussi envoyer un petit signe. Il faut que le président comprenne qu’il ne peut pas avoir raison tout seul sur tout contre tout le monde ».

Faire plier Emmanuel Macron

Les parlementaires demandent donc à Emmanuel Macron d'organiser lui-même un référendum sur l'avenir d'ADP. Après tout, à l'issue du grand débat qui avait suivi la crise des « gilets jaunes », le président avait promis une réforme constitutionnelle dans laquelle le seuil pour déclencher un RIP serait abaissé à un million de signataires.

« Nous sommes à un million, donc j’espère que le gouvernement va enfin accepter de revoir sa copie », déclare le député Les Républicains Gilles Carrez. Les anti-privatisations ont envoyé un courrier au chef de l'État pour lui demander de tenir ses engagements et le pousser à accepter de consulter les Français.