Privatisation des Aéroports de Paris : l’exemple de Toulouse-Blagnac fait-il école ?

Stéphane Iglésis
Si Nice et Lyon ont été confiés à Vinci, la plateforme toulousaine, elle, est exploitée depuis quatre ans par un consortium chinois, qui compte revendre ses parts d’ici quelques semaines avec une forte plus-value.

Alors que la privatisation de la gestion des Aéroports de Paris (ADP) est discutée sur le plan politique et juridique, il est un autre exemple, déjà concret celui-là, qui divise. Quatre ans après la privatisation de la gestion de l’aéroport Toulouse-Blagnac par le consortium chinois Casil Europe, les Toulousains sont partagés sur l’intérêt de cette opération.

Un aéroport "qui s'embellit"

Pour certains, on retiendra notamment que la vente d’une partie des parts de l’Etat a rapporté 308 millions d’euros, une somme record à l’époque. "Je ne pense pas que la CCI, la métropole, la région et le département ont pour objectif et pour rôle de gérer un aéroport. Et c’est la même chose pour l’Etat", estime Marc Ivaldi professeur à la Toulouse school of economics, spécialiste du droit de la concurrence et de l’économie industrielle. "Ce n’est pas une privatisation, puisque pour le moment la puissance publique reste majoritaire", rappelle-t-il par ailleurs, préférant parler de "partenariat public-privé". Et selon lui, le résultat est très positif. "On a un aéroport qui s’embellit. Ils ont réussi à faire des choses qui n’avaient pas été faites. Toulouse est par exemple devenu une base de Ryanair [ouverture en octobre 2019], et ça c’est quand même sympathique pour les Toulousains qui veulent partir en voyage", selon le spécialiste. "Ils ont investi 245 millions d’euros, avec de (...)

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