«Dans les prisons de Thaïlande, on est traités comme des animaux»

Libération.fr
L'activiste Somyot Prueksakasemsuk à la cour pénale de Bangkok, le 23 janvier 2013.

Le dissident Somyot Prueksakasemsuk, 56 ans, libéré en mai après sept ans de détention pour «crime de lèse-majesté», réclame l'abolition des lois liberticides avant les élections de février.

Ce vendredi à Bruxelles se tient le douzième sommet Europe-Asie, où seront présents 53 chefs d’Etat et de gouvernement, dont le général Prayuth Chan-o-cha, à la tête de la junte militaire qui a pris le pouvoir en Thaïlande par un coup d’Etat il y a quatre ans. A cette occasion, Somyot Prueksakasemsuk, 56 ans, un opposant qui vient de purger sept années en prison pour des raisons politiques, veut dénoncer le musellement de toute opposition au pouvoir. Nous l’avons rencontré à Paris.

Qu’est-ce qui vous a valu cette condamnation ?

Quatre ans après le précédent coup d’Etat militaire, en 2006, qui a renversé le Premier ministre Thaksin Shinawatra, j’étais rédacteur en chef d’une revue politique, La voix de Thaksin, quand des manifestations ont réclamé la dissolution du Parlement et l’organisation d’élections libres. L’armée les a réprimées brutalement, faisant près de 100 morts et 2000 blessés. J’ai été arrêté pour la publication de deux articles, dont je n’étais pas l’auteur, considérés comme blasphématoires vis-à-vis de la monarchie. L’un d’eux était une fable historique que la police a interprétée comme une critique du rôle du roi dans ces événements. Après trois ans de préventive, j’ai été condamné pour crime de lèse-majesté. J’ai été libéré en mai dernier, après sept années de prison, sans réduction de peine.

Quelles ont été vos conditions de vie en prison ?

On nous traite comme des animaux en cage, pas comme des êtres humains. Les prisons sont surpeuplées, on est 20 ou 50 par cellule. Dans l’une d’elles, on était 200. Comme il n’y avait pas assez de place au sol, on dormait à tour de rôle, vingt par vingt. Il n’y a aucun espace de liberté, on est contrôlés en permanence par des caméras et des gardiens. On n’a même pas de toilettes où l’on pourrait s’asseoir. On n’a pas le (...)

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