Prisons Un débat verrouillé

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Face à la surpopulation carcérale, la plupart des prétendants à la présidentielle ne proposent qu’une surenchère de constructions. Plutôt que de repenser, comme le suggèrent Hamon et Mélenchon, le modèle pénal.

L’actualité des derniers jours ressemble à un furieux carambolage : les chiffres de la surpopulation n’ont jamais été aussi élevés (69 430 détenus), la directrice de Villepinte annonce dans un courriel que sa prison est bondée (1 080 personnes pour 587 places) et qu’elle ne peut plus accueillir un seul détenu supplémentaire et, dans la foulée, les surveillants bloquent l’établissement (lire ci-dessous), le directeur de l’administration pénitentiaire, Philippe Galli, démissionne six mois après sa nomination et le personnel de Fleury-Mérogis manifeste après des agressions. A quelques jours de la présidentielle et six mois après la publication du rapport de Jean-Jacques Urvoas au titre volontariste «En finir avec la surpopulation carcérale», le problème se pose avec une acuité jamais atteinte. La prison, cette invisible politique, «une des régions cachées de notre système social, une des cases noires de notre vie», comme le déclarait Michel Foucault, est au bord de l’explosion. Les maisons d’arrêt débordent avec un taux d’occupation moyen de 140 %, allant jusqu’à 240 % à Nîmes (lire page suivante). Derrière les barreaux, près de 2 000 matelas sont posés à même le sol, la violence est difficilement jugulée et, dans les établissements les plus vétustes, les rats courent aussi vite que la moisissure.

«Enfermer, punir, amender»

La surpopulation s’explique d’une part par la forte hausse du recours à la détention provisoire : aujourd’hui, près d’un tiers des détenus sont en attente de leur procès, un niveau inégalé depuis dix ans. A l’autre bout de la chaîne pénale, et contrairement à ce que prévoit la loi pénitentiaire, les courtes peines ne sont pas systématiquement aménagées. La quasi-totalité des personnes condamnées à moins de six mois passent l’intégralité de leur (...)

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