Prison de Fresnes: le scénario complet de la tentative d'évasion d'une détenue radicalisée

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Extrait de la vidéosurveillance sur le chemin de ronde où la détenue radicalisée a été interceptée. - BFMTV
Extrait de la vidéosurveillance sur le chemin de ronde où la détenue radicalisée a été interceptée. - BFMTV

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Ce n'était pas la première fois que Douha M. cherchait à se faire la belle. Cette détenue radicalisée, mise en cause pour association de malfaiteurs terroriste, a tenté de s'évader dans la nuit de samedi à dimanche de la prison de Fresnes, où elle est incarcérée. Elle avait été interceptée à 6h56 sur le chemin de ronde.

Selon les informations de BFMTV, la fouille de la cellule de la détenue de 31 ans, "revenante" de la zone irako-syrienne, a permis de révéler que cette dernière avait tenté plusieurs stratagèmes avant le week-end dernier. Les enquêteurs ont découvert qu'elle avait d'abord tenté de percer le plafond au-dessus des WC. N'y parvenant pas, elle avait masqué les traces en collant une feuille de papier A4.

Plusieurs tentatives d'évasion

Douha M. avait également tenté de scier un barreau à l'aide d'un couteau de cuisine. Là aussi, elle a vite renoncé et a dissimulé la fine coupure sur le barreau à l'aide d'un morceau de tissu. Lors de son audition après son placement en garde à vue, la détenue a indiqué aux enquêteurs qu'elle avait pensé à s'évader par les égouts. Une plaque d'égout semble d'ailleurs avoir été manipulée.

Dans la nuit de samedi à dimanche, elle avait fini par parvenir à creuser un trou sous les barreaux de sa fenêtre à l'aide d'une cuillère et de deux couteaux de cantine à bout rond. Pour parvenir à desceller la pierre du mur, et en faciliter sa corrosion, elle a utilisé un mélange de vinaigre et d'eau. Trois bassines de gravats et de pierres ont été retrouvées dans sa cellule.

Afin de descendre les deux étages, la détenue avait confectionné des cordes avec des draps et des tissus. Toujours selon nos informations, dans sa descente, elle a endommagé le dispositif de détection de mouvement. Ce dernier a toutefois fonctionné puisque sa présence a été signalée sur le chemin des rondes où elle a été appréhendée, sans opposer de résistance.

Pas de failles dans la surveillance de la détenue

Des fouilles ont été menées dans toutes les cellules du quartier femmes afin de confirmer que l'incident était isolé. L'administration pénitentiaire a également vérifié s'il y a eu des failles concernant cette détenue "particulièrement surveillée".

Selon nos informations, les barreaux de la cellule 238, où elle était incarcérée, avaient été inspectés l'après-midi précédant sa tentative d'évasion et aucune anomalie n'avait été notée. Deux rondes, à 5h08 et à 6h09, avaient également été menées, sans que rien de particulier ne soit remarqué.

Les enquêteurs ont exploité les images de vidéosurveillance pour tenter de comprendre comment les choses ont pu se passer. Sur ces vidéos, on peut voir la détenue un livre à la main, probablement le Coran découvert dans son sac à dos au moment de son interpellation. Selon des sources concordantes, cette jeune femme, qui dispose d'une aura particulière en raison de son statut de "revenante", récitait également des sourates au moment de son évasion. Un élément qui fait encore l'objet d'investigations.

L'éventualité de complicités extérieures est également envisagée alors que les images de vidéosurveillance des rues adjacentes à la prison vont aussi être exploitées. Selon ses déclarations, sa tentative d'évasion est liée à un projet de transfert, qui lui a été présenté il y a quelques semaines, au quartier de prévention de la radicalisation de la prison de Rennes, ce qui l'éloignerait de sa fille.

Article original publié sur BFMTV.com

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