Prison ferme pour un octogénaire propriétaire d'une maison close insalubre

Le tribunal correctionnel de Bobigny a condamné à cinq ans de prison dont deux avec sursis le propriétaire d’un immeuble insalubre de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), transformé depuis des années en maison close hébergeant des prostituées transgenres (LOIC VENANCE)
Le tribunal correctionnel de Bobigny a condamné à cinq ans de prison dont deux avec sursis le propriétaire d’un immeuble insalubre de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), transformé depuis des années en maison close hébergeant des prostituées transgenres (LOIC VENANCE)

Le tribunal correctionnel de Bobigny a condamné vendredi à cinq ans de prison dont deux avec sursis le propriétaire octogénaire d’un immeuble insalubre de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), transformé depuis des années en maison close hébergeant des prostituées transgenres vivant dans une précarité extrême.

La justice a également ordonné la saisie de ce bien immobilier, situé aux portes de Paris. Judah Malka, 84 ans, est condamné à une amende de 200.000 euros, sa SCI à une amende de 55.000 euros.

Son avocat a signalé à l'AFP qu'il allait faire appel de cette décision.

"Cafards", "rats", "moisissure sur les murs" : au cours de la semaine, le procès a été l’occasion pour une dizaine de locataires de témoigner de leurs conditions insalubres d’hébergement, à quelques centaines de mètres du périphérique parisien.

L'enquête, ouverte en 2020, a révélé que douze des treize appartements de la "villa Biron" avaient été aménagés en chambres de passe et en pièces de repos de 10 m2 où s'entassaient jusqu'à neuf personnes sur des lits superposés.

Autant de témoignages et de faits qui ont battu en brèche les affirmations du propriétaire octogénaire.

Au tribunal, Judah Malka n'a cessé d'affirmer qu’il refaisait tous ces appartements "à neuf" à chaque nouveau bail, assurant également avoir été dépassé par l’emprise de la prostitution sur son bien immobilier.

Chaque mois, le vieil homme se déplaçait en personne à Saint-Ouen pour collecter 1.000 et parfois jusqu'à 1.500 euros pour ses appartements insalubres, menaçant d’éviction manu militari les éventuelles retardataires.

Les revenus locatifs entre 2007 et 2022 ont été évalués à plus de 2 millions d'euros par les enquêteurs.

Cinq autres personnes étaient jugées cette semaine dans le cadre de ce dossier.

Relaxées des chefs d'accusation de traite d'êtres humains et association de malfaiteurs, le tribunal les a reconnues coupables de proxénétisme et condamné à des peines allant d'un an avec sursis simple à trois ans de prison ferme assortis de deux années avec sursis probatoire.

Il leur est reproché d'avoir apporté des repas à la maison close, conduit les prostituées au bois de Boulogne ou avoir organisé des "juntas", des cagnottes communautaires qui se sont révélées être truquées.

amb/cal/hj