Siri Hustvedt, prise de tête

Libération.fr

Passionnée par les neurosciences et experte en migraines, la chaleureuse écrivaine américaine défend les marches contre Trump et les jeux érotiques.

Celles et ceux qui ne connaissent pas la migraine ne pourront sans doute pas comprendre à quel point nous attendions avec impatience de rencontrer cette femme qui a fait de ses problèmes neurologiques un des grands axes de son œuvre littéraire. Bien sûr Siri Hustvedt ne peut être réduite à cela, mais qui a lu la Femme qui tremble, sous-titré Une histoire de mes nerfs, un de ses grands succès, comprend pourquoi cet aspect de son identité est si important. C’est en partie ce qui a fait d’elle l’écrivaine américaine majeure qu’elle est aujourd’hui, cette voix qui sait décortiquer l’intime pour en faire un thème universel. Siri Hustvedt est un être rare, et c’était important de le préciser, avant de rappeler qu’elle est aussi la femme du romancier Paul Auster, avec lequel elle a une fille, Sophie, 30 ans, artiste.

Il y a de quoi attraper la migraine dans cette pièce surchauffée que son éditeur, Actes Sud, a mise à notre disposition à Paris. On se croirait dans une séance de yoga bikram, et pourtant Siri Hustvedt nous regarde en souriant, attentive. Elle est bien plus grande que nous ne l’imaginions, aérienne et diaphane, si pâle que l’on pourrait voir affleurer les veines sous sa peau. Ses cheveux courts lui donnent l’air d’un oiseau. «Je ne souffre plus de mes migraines, dit-elle. Depuis que j’ai expérimenté le "biofeedback" dans les années 80, une technique qui permet de mesurer en temps réel ses fonctions organiques et cérébrales grâce à des électrodes disposées sur le cuir chevelu et les doigts, j’arrive à contrôler la douleur.» Elle se redresse sur sa chaise, ferme les yeux et pose les mains à plat sur la table, mimant une séance de méditation. «Ce qui est important, ce n’est pas de savoir comment bannir cette douleur de sa vie, mais comment vivre avec ce mal chronique.» Un mal qui n’a pas que des aspects (...) Lire la suite sur Liberation.fr

Franco, le primat des geôles
Annapurna, la cime qui décime
Frédéric Boyer à la tête des éditions P.O.L
L'écrivain Frédéric Boyer à la tête des éditions P.O.L
Marie Modiano : place à l’étoile