Principaux attentats et agressions antisémites en France depuis 40 ans

Prise d'otages dans une épicerie casher Porte de Vincennes à Paris le 9 janvier 2015

Voici les principales agressions à caractère antisémite commises en France depuis une quarantaine d'années, après la prise d'otages vendredi dans une supérette casher à Paris dont l'auteur a été tué et où quatre corps ont été retrouvés après un assaut des forces de l'ordre.

- 13 janvier 1975: Sur les pistes de l'aéroport parisien d'Orly, un tir de roquette manque un Boeing 707 de la compagnie israélienne El Al, et atteint un DC-9 yougoslave, faisant trois blessés. L'attentat est revendiqué à Beyrouth par l'organisation palestinienne "Septembre noir".

- 20 mai 1978: A l'aéroport d'Orly, un commando de trois hommes ouvre le feu dans la salle d'embarquement d'El Al, faisant 4 morts et 5 blessés. L'attentat est revendiqué par une organisation libanaise inconnue, "les Fils du Liban".

- 27 mars 1979: Une explosion fait 33 blessés dans un foyer israélite, rue Médicis, à Paris VIe, au lendemain de la signature du traité de paix israélo-égyptien.

- 3 octobre 1980: Une bombe dissimulée dans la sacoche d'une moto explose devant la synagogue de la rue Copernic, à Paris XVIe, à l'heure de la prière, faisant 4 morts et une vingtaine de blessés. Trente-quatre ans après, en novembre 2014, un suspect libano-canadien, Hassan Diab, est extradé du Canada et écroué en France.

- 3 avril 1982: Le diplomate israélien Yacov Barsimantov est assassiné à Boulogne-Billancourt. Le Libanais Georges Ibrahim Abdallah, chef des Fractions armées révolutionnaires libanaises (FARL), condamné à perpétuité à Paris en 1987 notamment pour complicité de ce crime, est détenu depuis octobre 1984.

- 9 août 1982: Un commando de 5 hommes ouvre le feu rue des Rosiers, dans le quartier du Marais à Paris, et jette des grenades dans le restaurant juif Goldenberg, faisant 6 morts et 22 blessés. C'est le plus grave attentat antisémite en France depuis la Libération. Les auteurs demeurent inconnus.

- 17 septembre 1982: Le diplomate israélien Amos Manel est gravement blessé à Paris par l'explosion de sa voiture piégée, rue Cardinet (XVIIe). Une cinquantaine de personnes sont blessées, en majorité élèves du lycée Carnot. L'attentat est revendiqué par les FARL.

- 29 mars 1985: A Paris, une explosion fait 18 blessés au cinéma "Le Rivoli Beaubourg", lors du 4e festival international du cinéma juif.

- 7 septembre 1995: L'explosion d'une voiture piégée devant l'Ecole juive de Lyon à Villeurbanne (Rhône) fait 14 blessés. Elle est attribuée aux extrémistes islamistes.

- 17 octobre 2003: L'agression du rabbin Michel Serfaty à Ris-Orangis (Essonne) provoque un intense émoi. L'agresseur est condamné en décembre 2004 à 6 mois de prison dont 2 mois avec sursis.

- 15 novembre 2003: Un établissement scolaire israélite fréquentée par 200 élèves est dévasté par le feu à Gagny (Seine-Saint-Denis). Le président Jacques Chirac préside le lendemain une réunion interministérielle sur l'antisémitisme qu'il déclare "intolérable".

- 20 janvier 2006: Un jeune homme juif, Ilan Halimi, 23 ans, est enlevé par un gang organisé qui espère une rançon. Il est torturé pendant trois semaines dans une cité HLM de Bagneux (Hauts-de-Seine). Retrouvé agonisant au bord d'une voie ferrée de l'Essonne le 13 février 2006, il meurt en route vers l'hôpital. Youssouf Fofana, chef du "gang des barbares", est condamné à perpétuité en 2009.

- 19 mars 2012: Trois enfants et un enseignant sont tués dans une école juive de Toulouse par l'islamiste Mohamed Merah. Ce dernier a déjà assassiné trois militaires à Toulouse et Montauban dans les jours précédents. Refusant de se rendre, il est tué par le Raid le 22 mars 2012 à Toulouse.

- 9 janvier 2015: Prise d'otages dans un supermarché casher Porte de Vincennes, menée par un proche des frères Kouachi auteurs de l'attentat contre Charlie Hebdo le 7 janvier (12 morts). Amedy Coulibaly, auteur de la prise d'otages, est tué dans un assaut des forces de l'ordre à l'issue duquel quatre autres corps sont retrouvés à l'intérieur du magasin. Certaines victimes avaient été tuées dans une fusillade au début de la prise d'otages.