Prime pour les soignants : ça coince dans les villes pas concernées

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Prime pour les soignants: ça coince dans les villes pas concernées

Si tous les soignants toucheront une prime d'au moins 500 euros, certains établissements se voient attribuer une prime de 1500 euros. Une politique d'attribution qui fait des mécontents.

François Bayrou voit rouge. Le maire de Pau juge la prime pour les soignants "inacceptable". Alors que le décret explicitant le versement d'une prime exceptionnelle aux agents des établissements publics de santé a été publié, les personnels de certains hôpitaux se rendent compte qu'ils vont être privés de la prime de 1500 euros. 

Dans ce décret, il y a trois types d'établissements : ceux qui se situent dans un département concerné par une prime de 1500 euros pour les soignants, ceux qui sont un département où la prime est de 500 euros, et les exceptions à ce découpage géographique.

Une "prime au rabais"?

A Pau, par exemple, pas de prime de 1500 euros, le département des Pyrénées-Atlantiques est dans la zone d'une gratification de 500 euros. Mais, les établissements de Bayonne ou Bagnères-de-Bigorre, voisins de Pau, sont listés dans les exceptions à la prime, et auront bien droit eux à l'intégralité de la prime.

Une "prime au rabais", titre le quotidien régional Sud Ouest, pour évoquer ce dispositif récompensant le travail des soignants face au coronavirus. Le maire de Pau, François Bayrou, assure qu'il va "se battre".

"Notre hôpital a participé en première ligne à la campagne de lutte, recevant même des patients du Grand Est", explique-t-il sur Twitter. 

"Quel algorithme a pu mépriser ainsi ces hôpitaux"

Dans le sud est, la polémique enfle également. Comme à Cannes, où le maire de la ville, David Lisnard, estime que l'attribution de ces primes est "arbitraire".

"Je ne lâcherai pas sur ce décret d’attribution des primes: totalement arbitraire, sans critères de choix des hôpitaux, en contradiction avec la réalité de l’activité Covid et les rangs administratifs d’engagement des établissements contre la maladie, donc profondément injuste", explique l'élu local. 

Même son de cloche du côté de Grasse, dans les Alpes-Maritimes, où l'établissement hospitalier n'est pas concerné par la prime de 1500 euros. Sénateur et ancien maire de la ville, Jean-Pierre Leleux, juge que c'est "inadmissible".

"Quel algorithme a pu mépriser ainsi ces hôpitaux. Cette décision doit être revue, Monsieur le Ministre", lance-t-il à Olivier Véran. 

Le 15 avril, le ministre de la Santé avait annoncé "une prime minimale de 500 euros" pour les soignants. Avec Edouard Philippe, ils avaient expliqué que ceux qui ont "travaillé dans les services "Covid+" des hôpitaux percevront également la prime de 1500 euros".

Pour toucher cette prime, il faut avoir travaillé, y compris en télétravail, dans un établissement concerné par la prime pendant la période comprise entre le 1er mars et le 30 avril 2020. Elle devrait être versée sur la paie du mois de mai.

Un dispositif qui risque ne pas calmer la colère dans certains hôpitaux. Ce vendredi, Emmanuel Macron était en visite à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris. où il a été vivement interpellé par des infirmières des urgences.

Le président de la République a également dit vouloir "mettre fin" à la "paupérisation" des personnels soignants et promis que l'Etat "sera au rendez-vous". Plusieurs syndicats et collectifs hospitaliers ont déjà indiqué réfléchir à une "journée nationale de mobilisation" pour l'hôpital public, à la mi-juin.

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Article original publié sur BFMTV.com

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