Pression migratoire et politique : mort d'un policier bulgare à la frontière avec la Turquie

Un policier bulgare, qui patrouillait à la frontière avec la Turquie a été tué lundi 7 novembre par des tirs venus du territoire turc, a annoncé le gouvernement de Sofia. L’officier de 30 ans était descendu de son véhicule près du village de Golyam Dervent après avoir remarqué un endroit endommagé de la clôture en barbelés qui couvre la quasi-totalité de la frontière de 259 km.

"Des tirs ont alors fusé et il est mort sur le coup", tué d'une balle dans la tête, a déclaré aux journalistes Petar Todorov, secrétaire général du ministère de l'Intérieur, après une visite sur les lieux. Un militaire qui accompagnait le policier "a réussi à se mettre à l'abri derrière la voiture", a-t-il précisé.

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Village bulgare où le policier a été tué. - Euronews

Selon le récit du militaire, 10 à 15 coups de feu ont été tirés à travers la barrière alors qu'un groupe de migrants et de passeurs prenaient la fuite.

"Il s'agit d'un acte sans précédent, la première attaque à arme à feu depuis des années" contre les forces de l'ordre, a réagi le ministre de l'Intérieur Ivan Demerdjiev. "Nous avons reçu des garanties des autorités turques que (les coupables) seraient localisés et renvoyés devant la justice", a-t-il dit, ajoutant que les policiers seraient désormais dotés d'armes plus puissantes pour se défendre.

La Commission européenne, qui s'est dite "choquée et attristée", a indiqué mardi qu'Europol, agence de l'UE pour la coopération policière, était "en contact avec les autorités bulgares pour apporter un soutien total à l'enquête", selon une porte-parole de l'exécutif européen.

La Bulgarie avait déjà renforcé les mesures et envoyé des troupes supplémentaires à la frontière après la mort de deux policiers percutés par un autocar transportant des migrants, fin août dans la ville de Bourgas sur la Mer Noire.

Le ministre a fait état d'une pression migratoire qui s'intensifie. Sur les neuf premiers mois de 2022, environ 12 700 clandestins ont été détenus dans le pays, soit 2,5 fois plus qu'aux neuf mois de 2021, selon les chiffres officiels, avec également une forte hausse du nombre de refoulements.