“Sous pression”, Macron s’engage à demi-mot pour une taxe européenne des superprofits

Photo POOL/REUTERS

“La France et l’Allemagne s’accordent sur une aide mutuelle pour faire face à la crise énergétique.” Dans son direct consacré aux conséquences de la guerre en Ukraine, le journal Handelsblatt a rapidement repris les annonces rendues publiques ce lundi 5 septembre par Emmanuel Macron.

Après son entrevue vidéo avec Olaf Scholz, le président de la République a assuré que les exportations de gaz françaises seraient renforcées, afin “d’être solidaires sur le plan gazier avec l’Allemagne, si l’hiver est difficile et qu’elle en a besoin”.

En contrepartie, le chancelier allemand s’est déclaré prêt à fournir de l’électricité à la France. Le tout au nom de la “solidarité franco-allemande”, une expression répétée plusieurs fois par le chef de l’État français.

Influence allemande

Selon la Frankfurter Allgemeine Zeitung, ces déclarations “ont surpris tout le monde”. Le dirigeant français n’avait en effet pas prévu d’échanger ce lundi sur ces questions, ni d’en discuter sur-le-champ avec le chancelier Olaf Scholz. Il devait à la place “se rendre sur le site du premier parc éolien offshore français, au large de Saint-Nazaire”.

Mais le président de la République était, selon le titre allemand, “sous pression”. Le journal conservateur rappelle que 32 réacteurs du parc nucléaire français sont à l’arrêt, alors que la France vit “sa crise énergétique la plus grave depuis des décennies”. Macron est par ailleurs en désaccord avec les dirigeants espagnols et allemands, qui se sont exprimés en faveur du redémarrage du chantier du gazoduc MidCat, reliant l’Espagne à la France.

Surtout, le locataire de l’Élysée subit l’influence de Berlin et de ses récentes propositions pour contrer l’inflation. Olaf Scholz s’est dit prêt, le 4 septembre, à imposer une contribution obligatoire aux entreprises du secteur énergétique, afin de réduire la facture des ménages. Or cette taxe sur les profits des géants de l’énergie fait débat dans l’Hexagone.

Désormais, Macron assure être en faveur d’“un mécanisme de contribution européenne”, ce qui équivaut, pour la Frankfurter Allgemeine Zeitung, à une “taxe européenne sur les superprofits”. Selon le quotidien de Francfort, “l’approvisionnement énergétique sera aussi le sujet principal du prochain Conseil des ministres franco-allemands, qui devrait se tenir le 26 octobre à Rouen”.

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