La presse américaine assure que le n°2 d'Al-Qaïda a été tué en Iran, Téhéran dément

Par E.P
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Une photo d'identité d'Abdullah Ahmed Abdullah, le n°2 d'Al-Qaïda, transmise par le FBI. - Handout / FBI / AFP
Une photo d'identité d'Abdullah Ahmed Abdullah, le n°2 d'Al-Qaïda, transmise par le FBI. - Handout / FBI / AFP

Le numéro 2 d'Al-Qaïda a-t-il été, comme l'affirme le New York Times, abattu à Téhéran en août par deux agents israéliens à moto? C'est une "information fabriquée", répond le ministère iranien des Affaires étrangères ce samedi, niant la présence de membres de ce groupe jihadiste sur le sol iranien.

Activement recherché par le FBI

Le quotidien américain a rapporté vendredi que le numéro 2 d'Al-Qaïda, Abdullah Ahmed Abdullah, qui figurait sur la liste des terroristes les plus recherchés par la police fédérale américaine (FBI), avait été "tué par balle dans les rues de Téhéran par deux assassins à moto". L'information a été confirmée par des responsables des renseignements américains au quotidien new-yorkais.

Al-Qaïda est un groupe classé comme une organisation terroriste par les Nations unies. Les meurtriers, qui ont tiré sur la voiture de la victime, ont aussi abattu sa fille, Miriam, veuve d'un des fils d'Oussama Ben Laden, le chef d'Al-Qaïda dans les années 1990, selon le New York Times.

Anniversaire de l'attentat de l'ambassade américaine

L'assassinat, qui aurait été commis par des agents israéliens pour le compte des Etats-Unis, est survenu le 7 août, jour de l'anniversaire des attentats contre les ambassades des Etats-Unis au Kenya et en Tanzanie en 1998, dans lesquels Abdullah Ahmed Abdullah était impliqué, selon la justice américaine. Les Etats-Unis ont accusé l'Iran d'abriter des membres d'Al-Qaïda et de leur permettre de passer par son territoire en 2016, ce que des responsables de Téhéran ont nié à l'époque.

Les ennemis de l'Iran, les États-Unis et Israël, "essaient de rejeter la responsabilité des actes criminels d'Al-Qaïda et d'autres groupes terroristes dans la région et lient l'Iran à ces groupes par des mensonges et des fuites d'informations fabriquées de toutes pièces aux médias", a rétorqué le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien, Saeed Khatibzadeh, dans un communiqué.

"Le piège des scénarios hollywoodiens"

Les Etats-Unis et "ses alliés dans la région" ont créé Al-Qaïda par leurs "mauvaises politiques", a ajouté Saeed Khatibzadeh, conseillant aux médias américains de "ne pas tomber dans le piège des scénarios hollywoodiens des responsables américains et sionistes".

"Même si l'Amérique n'a pas hésité à se livrer à de fausses accusations contre l'Iran par le passé, cette approche est devenue une routine dans l'administration américaine actuelle", a poursuivi Saeed Khatibzadeh.

Il a accusé l'administration du président américain sortant, Donald Trump, de poursuivre un programme "iranophobe" dans le cadre de sa guerre "économique, du renseignement et psychologique" contre Téhéran.

"Les médias ne devraient pas amplifier la publication des mensonges de la Maison Blanche contre l'Iran", a-t-il encore dit.

Depuis qu'elle a abandonné unilatéralement en 2018 un accord nucléaire historique entre l'Iran et les grandes puissances, l'administration Trump a réimposé des sanctions économiques douloureuses contre la République islamique dans le cadre d'une politique de "pression maximale".

Article original publié sur BFMTV.com