Presque Borges, Calvino à peu près… Le par-cœur du combattant de Mette Edvardsen

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Ala fin de Fahrenheit 451 de Ray Bradbury, adapté au cinéma par François Truffaut, le héros poursuivi par les milices chargées de brûler les livres trouve refuge dans une forêt où l’attendent des résistants. Tous ont appris un livre par cœur afin de le représenter et le faire vivre. Par une symbolique opération de transsubstantiation, chacun devient ainsi le livre. Et si l’on imaginait la suite ? Une suite à des dizaines d’années d’écart ? Au monde en cendres aurait succédé le renouveau, des temps plus doux dans lesquels écrire, imprimer, serait redevenu légal. On y verrait alors la petite communauté de dissidents retranscrire sur papier, de mémoire, les trésors brûlés. Tant pis pour les altérations involontaires. On finirait même par les trouver très beaux, ces textes palimpsestes qui contiendraient, cachées entre leurs lignes, la trace du temps et les empreintes de l’oubli.

C’est le genre d’histoire fantastique qu’on ne trouve habituellement que dans les fictions de Georges Perec, d’Italo Calvino ou de Jorge Louis Borges, ce génie aveugle, roi du «par cœur» qui aimait «peupler d’aventures les livres les plus paisibles». Sauf que, depuis quelques années, cette continuation utopique de Fahrenheit 451 existe bien. Elle s’intitule Time Has Fallen Asleep in the Afternoon Sunshine et a été inventée par une artiste chorégraphe norvégienne, Mette Edvardsen. Elle en dévoile toutes les ramifications dans une exposition accueillie par le Kunsten Festival des arts à Bruxelles.

Passionnée par les littératures impossibles et la vie rêvée des livres, Mette Edvardsen a fédéré depuis 2008 une communauté de «livres vivants» - des collaborateurs recrutés dans diverses métropoles du monde, de Birmingham à Jérusalem, lesquels ont tous mémorisé un livre de leur choix et proposent aux visiteurs de les écouter, en face à face. Ils sont aujourd’hui 70, dont 20 récurrents, gardiens d’une collection inbrûlable et plurilingue de textes de Houellebecq, Melville, Esope ou Kundera.

Certains (...)

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