Après Donald Trump, sa fille Ivanka à la Maison Blanche ?

Lucile Descamps
·7 min de lecture
Ivanka Trump aurait des ambitions politiques très élevées, malgré la défaite de son père, Donald Trump, à sa réélection à la tête des États-Unis.
Ivanka Trump aurait des ambitions politiques très élevées, malgré la défaite de son père, Donald Trump, à sa réélection à la tête des États-Unis.

Selon le Daily Mail, la fille de Donald Trump lui demande d’accepter sa défaite à la présidentielle. Le but : que la famille conserve sa crédibilité pour qu’Ivanka Trump puisse, un jour, à son tour, devenir cheffe de l’État.

Après le père, la fille ? Alors que le processus de l’élection présidentielle américaine n’est même pas encore achevé - les grands électeurs ne voteront que le 14 décembre - le bruit court déjà qu’un membre de la famille Trump pourrait bien tenter de reconquérir la Maison Blanche en 2024.

Selon le Daily Mail, Ivanka Trump, la fille que Donald Trump a eue avec sa première épouse Ivana, aurait des vues sur la plus haute fonction des États-Unis. Depuis une semaine, elle demanderait à son père d’accepter la défaite face à Joe Biden sans faire trop d’histoires, afin que la crédibilité de la famille ne soit pas égratignée pour l’avenir... et qu’elle puisse, un jour, occuper la place de présidente américaine.

Une ambition “depuis le premier jour”

“Ivanka a son propre programme. Elle a les yeux rivés sur le Bureau ovale depuis le premier jour et elle n’a pas l’intention de se griller en s’agitant, comme le fait Don Trump [son frère, ndlr], qui se déchaine sur Twitter. Tout ce qu’elle fait est calculé et bien pensé, parce qu’elle regarde toujours le tableau d’ensemble”, a confié une source proche de la famille dans le Daily Mail.

Contrairement à ses frères et même à la Première dame, Melania Trump, Ivanka n’a pas joué les mauvaises perdantes après la défaite de son père, et elle n’a ni crié à la fraude, ni à l’élection pas encore perdue. Selon cette même source, son mari, Jared Kushner, serait sur la même longueur d’onde et implorerait lui-aussi Donald Trump d’accepter le résultat de la présidentielle. Le quotidien britannique précise même qu’il a demandé à son beau-père d’abandonner les poursuites et les recours judiciaires.

Après quatre ans passées à la Maison Blanche, et deux campagnes présidentielles menées aux côtés de son père, pas étonnant qu’Ivanka Trump se sente pousser des ailes et veuille prendre son indépendance en politique.

De femme d’affaires à conseillère du président

Elle n’a pourtant pas vraiment de formation - ni d’expérience - en la matière. Comme Donald Trump, Ivanka Trump est une femme d’affaires qui a travaillé dans l’immobilier et a également créé une ligne de vêtements. Mais dès la campagne de 2016, elle a été mise à contribution. Alors qu’il était encore seulement candidat à la primaire républicaine, Donald Trump voulait même qu’Ivanka Trump devienne sa colistière, et donc sa future vice-présidente en cas de victoire, selon Rick Gates, l’ancien conseiller du magnat de l’immobilier durant la campagne de 2016, comme le rapporte Bloomberg.

Cette idée a finalement été abandonnée. Mais pas l’envie d’inclure Ivanka Trump en politique. Dès son arrivée à la Maison Blanche, en janvier 2016, Donald Trump a nommé sa fille Conseillère officielle du président. Deux mois plus tard, le mari de celle-ci héritait d’un poste identique - mais avec des prérogatives différentes.

Selon la description officielle du poste, Ivanka Trump est chargée de la branche “éducation des femmes et émancipation économique”. Elle s’occupe, notamment, de la création d’emplois et l’accroissement économique, via la promotion de l’entrepreunariat et de la formation professionnelle. C’est dans ce cadre qu’elle a fait la promotion de son “initiative pour le développement mondial et la prospérité des femmes” en se rendant en Éthiopie, en Côte d’Ivoire, au Maroc, en Argentine, en Colombie ou encore au Paraguay.

Plus d’influence depuis janvier 2019

Mais au fil du mandat de Donald Trump - et notamment après le départ, fin 2018, du chef de cabinet du président, John Kelly - les prérogatives d’Ivanka se sont sensiblement élargies. La fille du président a accompagné son père au G20 qui s’est tenu à Osaka, en juin 2019, montant sur scène devant les dirigeants internationaux, s’invitant dans une discussion entre la Première ministre britannique de l’époque, Theresa May, le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, Emmanuel Macron, et Christine Lagarde, alors directrice du FMI.

Lors de ce sommet, elle a même accompagné son père lors de l’entretien avec le président chinois, Xi Jinping. Ivanka Trump était également présente à la rencontre historique qui a eu lieu entre le président des États-Unis et le dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, dans la zone démilitarisée entre les deux Corées.

Face à une telle omniprésence, beaucoup d’observateurs se sont demandés quelles qualifications permettaient à Ivanka Trump d’occuper une telle position, hormis le statut de “fille de”. D’ailleurs, son efficacité en tant que conseillère du président a plusieurs fois été remise en question, y compris par sa propre cousine, Mary Trump, qui a sorti un livre sur sa famille, durant l’été 2020, dans lequel elle raconte qu’Ivanka Trump “ne fait rien”. “Elle lance des banalités sur les réseaux sociaux, mais soit elle essaie d’avoir un impact et elle échoue, soit elle ne tente même pas”, a-t-elle précisé au Washington Post.

“Presque une contre-campagne”

Pour Donald Trump, peu importe les compétences et les réussites objectives. Il s’est tout de même reposé sur sa fille pour sa campagne de 2020. Et elle s’est fortement investie. Ivanka Trump a levé des fonds, sur internet et lors de divers événements - parvenant à récolter 13 millions de dollars en quelques jours - et fait le tour des États clés.

Elle s’est surtout retrouvée avec une tâche ardue : essayer de convaincre les femmes de banlieues cossues de voter à nouveau pour son père. Elles avaient massivement soutenu le républicain en 2016, mais les sondages ont montré qu’elles se tournaient, en 2020, vers le candidat démocrate.

Pour accomplir cette mission, Ivanka Trump pouvait bien sûr compter sur son propre statut, étant elle est elle-même une femme et une mère de famille. Mais aussi, et surtout, sur des propos bien plus mesurés que ceux de son père et sur des idées bien moins extrêmes. Au point de faire dire à l’historien Gil Troy, interrogé par le StarTribune : “Ça devient presque une contre-campagne plutôt qu’une campagne de soutien”.

Le père et la fille s’éloignent sur plusieurs sujets : Ivanka a fait part - très tardivement - de sa réprobation concernant la politique de séparation des familles de migrants en provenance de la frontière mexicaine menée par son père, et ne partage pas la vision de Donald Trump sur le climat, ni son aversion pour les journalistes. Elle a par ailleurs, a plusieurs reprise, assuré n’être ni vraiment républicaine, ni démocrate.

Des différences qui ne semblent pas poser de problème à Donald Trump. “Ivanka a le soutien total de son père, qui ferait tout pour voir sa petite princesse suivre ses traces. [...] Donald Trump s'enorgueillit à l’idée qu’elle aussi devienne, un jour, présidente comme lui”, a précisé une source auprès du Daily Mail. Mais ce jour n’est peut-être pas pour 2024 puisque lui-même aurait déjà prévu de se présenter à nouveau dans quatre ans. Il faudra attendre son tour.

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