Présidentielle américaine: pourquoi l'Alaska a le mode de dépouillement le plus lent?

Vincent Gibert
·Journaliste au HuffPost
·3 min de lecture
Une vue d'Anchorage, en Alaska aux États-Unis, en novembre 2019. (Photo: AFP)
Une vue d'Anchorage, en Alaska aux États-Unis, en novembre 2019. (Photo: AFP)

ÉTATS-UNIS - L’issue de l’élection présidentielle américaine était toujours suspendue ce vendredi 6 novembre à quelques États-clés où le dépouillement n’est pas achevé, et la course trop serrée pour déclarer un vainqueur entre Joe Biden et Donald Trump.

Parmi ces États-clés, ne figure pas l’Alaska, qui n’a pourtant toujours pas rendu son verdict et cela ne devrait pas être pour tout de suite. Pourquoi n’est-il pas considéré comme un État-clé? Tout simplement car aucun démocrate ne s’y est imposé depuis des décennies et l’issue du scrutin en faveur de Donald Trump ne fait aucun doute, mais cela ne lui rapportera que trois grands électeurs. Ce qui n’aura aucun impact comparé à la Pennsylvanie ou la Géorgie qui doivent encore accorder 20 et 16 grands électeurs.

Pourquoi le décompte y est-il très long? C’est une combinaison de deux choses: une procédure de sécurité supplémentaire, ainsi que les délais de scrutin par correspondance les plus lents des États-Unis.

Plus de 130.000 votes -plus de 40% du total de l’État- ne seront ainsi comptabilisés qu’au moins à partir de la semaine prochaine, et les derniers bulletins ne le seront que le 18 novembre, précise le Anchorage Daily News.

Ce retard s’explique par le fait que tous les bulletins de vote par correspondance sont vérifiés par rapport aux registres de circonscription du jour du scrutin signés par chaque électeur, indique la Division des élections de l’Alaska au journal américain.

“Les bulletins de vote ne sont pas considérés comme éligibles pour le dépouillement tant que la recherche des électeurs en double n’a pas été achevée”, selon la procureure générale adjointe Maria Bahr du département de la loi de l’Alaska.

Des bulletins comptés jusqu’à 15 jours après le scrutin

En d’autres termes: les responsables électoraux s’assurent qu’un électeur n’a pas envoyé un bulletin de vote par correspondance et n’a pas voté en personne.

Si quelqu’un a voté en personne et a voté par correspondance, son vote par correspondance est rejeté, tandis que son vote en personne est compté et son nom transmis à la Division des élections de l’Alaska pour une enquête plus approfondie et d’éventuelles poursuites.

Par ailleurs, l’Alaska compte les bulletins de vote par correspondance qui arrivent dans les 10 jours suivant le jour du scrutin (s’ils sont envoyés par la poste depuis les États-Unis) et 15 jours suivant le jour du scrutin (s’ils sont postés de l’extérieur des États-Unis), à condition qu’ils soient postés le jour du scrutin ou avant. Cette limite de 15 jours est la plus généreuse du pays, selon la Conférence nationale des législatures d’État.

Tiffany Montemayor, responsable des relations publiques de la Division des élections, explique au Anchorage Daily News que la vaste géographie de l’Alaska signifie qu’il faut également du temps pour envoyer le matériel électoral aux centres électoraux régionaux où les bulletins de vote absents sont comptés.

“Nous sommes dans un État gigantesque et nous sommes tellement dispersés. La logistique, la vérification des antécédents des électeurs et le grand nombre de bulletins de vote se combinent tous pour ralentir le décompte”, résume-t-elle.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.