Présidentielle 2022 : les propositions que Macron a piochées dans les programmes des autres candidats

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Valérie Pécresse et Emmanuel Macron, en 2017 (Photo by Ludovic MARIN / POOL / AFP) (AFP)

Le président candidat, qui doit officiellement présenter son programme jeudi 17 mars, a déjà esquissé quelques pistes.

Emmanuel Macron devrait lever le voile sur son programme jeudi 17 mars face à la presse avant de distribuer son programme dans les boites aux lettres des français dans les prochains jours.

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Un programme distillé au compte-gouttes depuis plusieurs semaines par son entourage proche, puis au fur et à mesure des apparitions d'Emmanuel Macron dans la peau d'un candidat. Des idées qui, parfois, sont déjà présentes dans les programmes d'autres candidats, des Républicains à Europe Ecologie-Les Verts.

La retraite à 65 ans comme... Valérie Pécresse

La mesure jusqu'à présent la plus commentée, c'est celle révélée par Les Echos le 9 mars dernier. Selon le quotidien économique, dont l'information a ensuite été confirmée par le chef de l'État lui-même sur TF1 le 14 mars, Emmanuel Macron pourrait relancer le dossier explosif des retraites avec un report de l’âge légal de départ en retraite à 65 ans. Un changement graduel, au rythme de quatre mois cotisés supplémentaires par génération, soit une transition de neuf ans.

Une proposition qui est la même que celle de Valérie Pécresse, qui souhaite augmenter graduellement l'âge légal de départ jusqu’à 65 ans à l’horizon 2030. Un seul autre candidat propose de repousser l'âge de départ à la retraite, Eric Zemmour, qui fixe 64 ans.

"Je crois qu'il a écouté mon programme" se moque Pécresse

Une similitude entre les deux candidats qui n'a pas échappé à la candidate des Républicains. "Je crois qu'il a écouté mon programme et j'en suis heureuse, visiblement ce n'était pas du tout sa position il y a quelques mois", a-t-elle répliqué sur TF1.

Supprimer la redevance, comme Pécresse, Le Pen et Zemmour

Autre idée présidentielle abondamment commentée, celle de supprimer la redevance audiovisuelle. "On supprimera les impôts qui restent, la redevance en fait partie", a déclaré Emmanuel Macron à Poissy, à l'occasion de sa première sortie publique en tant que candidat à la présidentielle. Une suppression qui est "cohérente avec la suppression de la taxe d’habitation", selon le chef de l'État qui, en 2017 selon l'Express, affirmait que "le service public de l'audiovisuel est la honte de la République".

Une suppression que l'on retrouve dans plusieurs programmes : ceux de Valérie Pécresse, Marine Le Pen et Eric Zemmour. La candidate LR avait elle affirmé réfléchir à la suppression dès septembre 2021. Interrogée sur le sujet au lendemain de l'annonce d'Emmanuel Macron, elle confie au Monde y être aussi favorable et que cela est désormais acté. L'ancien polémiste et la candidate du RN soutiennent, en plus de la suppression de la redevance, une privatisation de l'audiovisuel public.

Conditionner le RSA à un minimum d'activité comme... Dupont-Aignan et Pécresse

Autre idée récemment avancée par le clan Macron, celle de conditionner le versement du RSA à un minimum d'activité, selon Le Point. Une idée pas exclue par Gabriel Attal. "La logique qu'on porte, c'est celle de dire que les devoirs ouvrent les droits, et non l'inverse. Ce ne sont pas les droits qui ouvrent les devoirs", a expliqué sur France 2 le porte-parole du gouvernement, avant d'ajouter que ces "droits et devoirs concernaient aussi le RSA".

Aujourd'hui, le Revenu de solidarité active est ouvert, sous certaines conditions, aux 25 ans et plus ainsi qu'aux jeunes actifs de 18 à 24 ans s'ils sont parents isolés ou justifient d’une certaine durée d’activité professionnelle, pour environ 1,91 million de foyers bénéficiaires. Selon l'hebdomadaire, il s'agirait d'en élargir l'accès mais d'en durcir les conditions en augmentant le nombre d'heures d'activité exigées de chaque allocataire.

Une idée notamment évoquée par Nicolas Dupont-Aignan, qui souhaite "une journée par semaine de service pour la collectivité exigée pour les bénéficiaires du RSA", s'inspirant de la mesure mise en place par le département du Haut-Rhin. Idée également évoquée par Valérie Pécresse en meeting, qui souhaite que "ceux qui touchent ce minimum social "donnent, chaque semaine, quinze heures d’activité à la société".

Davantage de sport à l'école comme... Yannick Jadot

Mais Emmanuel Macron n'a pas que des idées en commun avec les candidats de droite. Lors de son premier déplacement de campagne le 7 mars, le président a annoncé sa volonté de généraliser trente minutes de sport par jour à l’école. Pour Emmanuel Macron, 30 minutes de sport quotidiennes permettraient de canaliser les élèves turbulents ​et leur apprendre la discipline​. La mesure n'est pas nouvelle puisqu'elle figure dans la loi du 2 mars 2022 sur la démocratisation du sport. Le texte insiste lui sur les bienfaits en termes de santé, de lutte contre la sédentarité.

L'idée est aussi présente dans le programme du candidat écologiste Yannick Jadot, qui met en avant les bienfaits du sport santé. S'il est élu, "chaque élève pourra accéder à une heure de sport par jour, une demi-heure pour les adultes", déclarait-il le 21 janvier, souhaitant notamment "renforcer l'Education physique et sportive" à l'école.

Relancer les constructions d'EPR comme... Zemmour, Le Pen, Pécresse...

La question du nucléaire est une question clivante, sur laquelle tous les candidats se sont positionnés. Emmanuel Macron a décidé de faire investir l'État dans la construction de 6 réacteurs nucléaires de type EPR2 d'ici à 2050, a mis à l'étude la construction de 8 EPR supplémentaires et plus et demandé la prolongation au-delà de cinquante ans de la durée de vie de "tous les réacteurs qui peuvent l’être", revenant ainsi sur sa volonté de fermeture de centrales en début de quinquennat.

S'il souhaite aussi miser sur l'implantation de 50 parcs éoliens en mer pour 2050, le positionnement pro-nucléaire du chef de l'État le rapproche de certains candidats.

Marine Le Pen souhaite la construction de 3 nouveaux EPR et moderniser les centrales existantes, Valérie Pécresse propose 6 nouveaux EPR et des investissements pour prolonger les centrales existantes, et Eric Zemmour veut 14 nouveaux EPR et la prolongation à 60 voire 80 ans la durée de vie des réacteurs. Des positions tranchées avec d'autre candidats qui programment eux une sortie progressive du nucléaire.

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