Présidentielle 2022 : pourquoi Mélenchon annonce-t-il sa candidature aussi tôt ?

Maxime Poul
·3 min de lecture
Lors de l'élection présidentielle de 2017, Jean-Luc Mélenchon avait annoncé sa candidature en février 2016.
Lors de l'élection présidentielle de 2017, Jean-Luc Mélenchon avait annoncé sa candidature en février 2016.

Jean-Luc Mélenchon a annoncé lors du journal télévisé de TF1 qu’il se présenterait lors de la prochaine élection présidentielle. Pourquoi fait-il cette annonce un an et demi avant le scrutin ? Explications.

Dimanche 8 novembre, Jean-Luc Mélenchon annoncé sur le plateau de TF1 qu’il sera candidat lors de la prochaine élection présidentielle. Le leader de la France insoumise (LFI) a plus précisément annoncé qu’il “proposait” sa candidature s’il recueillait les 150 000 parrainages citoyens, une “investiture populaire” réclamée par le parti via une plateforme en ligne. LFI présente ces parrainages comme une alternative aux 500 signatures des élus nécessaires pour pouvoir être candidat.

Après 2012 et 2017, Jean-Luc Mélenchon tentera donc pour la troisième fois de briguer la présidence du pays. Si cela n’a rien de très surprenant, c’est plus le timing de cette annonce qui l’est, comme le raconte le politologue Pascal Perrineau : “C’est une annonce très précoce et dans un conjoncture assez étrange. Jean-Luc Mélenchon a une notoriété suffisante et aurait donc pu attendre, surtout compte tenu de la période actuelle où il y a une inquiétude des Français qui n’ont pas du tout les élections en tête mais plutôt des sujets comme le terrorisme ou le Covid-19.”

Un avis que semble partager Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti socialiste, qui a déclaré sur le plateau de LCI qu’il ne s’agissait pas du “bon moment” en parlant même “d’ambitions égoïstes”.

“Mélenchon prend le premier couloir”

S’il est donc étonné du contexte choisi par le leader de la France insoumise, le spécialiste de sociologie électorale trouve malgré tout une explication derrière cette annonce. “On comprend mieux quand on sait que la course de vitesse pour le leadership de la gauche est engagée. La gauche est très faible et elle sait que si elle n’a pas de candidature unique, elle n’a aucune chance d’aller au second tour. Mélenchon prend donc le premier couloir pour tenter de préempter la place de représentant de la gauche.”

Une stratégie qui semble donc claire mais cette place de représentant de la gauche est encore loin d’être promise, “car les sensibilités de la gauche française ne sont pas représentées par Jean-Luc Mélenchon”, affirme Pascal Perrineau.

Trop tôt pour débuter une campagne ?

L’ancien directeur du Centre de recherches politiques de Sciences Po estime par ailleurs que le député LFI de la 4ème circonscription des Bouches-du-Rhône n’a aucune raison de faire le pari d’une campagne longue. “Tout homme qui commence sa campagne maintenant est inaudible. Tant qu’on n’est pas sorti de la deuxième vague de la pandémie, tout positionnement qui apparaitra trop politique sera inaudible et fera même peut-être l’objet d’un rejet.”

Lors de l’élection présidentielle de 2017, Jean-Luc Mélenchon avait attendu le mois de février 2016 pour annoncer sa candidature et débuter sa campagne. Cette déclaration faite dès le mois de novembre, et qui devait même initialement être faite dès le mois d’octobre, sonne ainsi comme une affaire intérieure à la gauche, une gauche que le leader LFI semble vouloir devancer.

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