Présidentielle 2022 : pourquoi la déclaration de Marine Le Pen n'est pas si surprenante

Marine Le Pen a déjà annoncé sa candidature pour la prochaine présidentielle. Une déclaration pas si surprenante, d'un point de vue stratégique.

Marine Le Pen a d’ores et déjà annoncé qu’elle préparait la présidentielle de 2022. Une déclaration qui intervient très tôt, mais qui n’est finalement pas si surprenante, d’un point de vue stratégique. 

À l’occasion de ses voeux à la presse, ce jeudi 16 janvier, Marine Le Pen a annoncé qu’elle “prépar[ait] la présidentielle”. “Ma décision a été réfléchie mais elle est prise”, a-t-elle affirmé. Cette troisième candidature n’est, dans les faits, pas du tout une surprise. Mais le choix de la date peut l’être un peu plus. Du moins, à première vue. 

Des municipales qui s’annoncent décevantes

Pour Jérôme Sainte-Marie, sondeur et président de Pollingvox, “c’est très étonnant en terme de calendrier”. Cette annonce intervient à peine deux mois avant les municipales, “qui ne vont pas être un bon scrutin pour le Rassemblement National”, prédit-il.

Ce choix peut donc s’interpréter de deux manières. Soit c’est le signe que la présidente du RN abandonne les municipales “et voit au-delà”. Soit, à l’inverse, c’est une manière de “donner de la visibilité à cette campagne qui a du mal à démarrer”, estime de son côté Philippe Moreau-Chevrolet, professeur de communication politique à Sciences Po et président de MCBG Conseil.

Exploiter les sondages et les frustrations

En tout cas, c’est une manière pour Marine Le Pen de “rassembler son camp” et de montrer que “le RN repart en campagne”, décrit le professeur de Sciences Po. Mais aussi de réaffirmer son autorité. Car la candidate a été “humiliée” par sa défaite au second tour de la dernière présidentielle. Sans oublier qu’il “y a des contestations en interne”, notamment avec sa nièce Marion Maréchal. 

Peut-être que la député du Pas-de-Calais veut aussi profiter du fait qu’elle est actuellement haute dans les sondages portant sur le premier tour de la présidentielle de 2022. Elle est créditée de 28 à 30% “et elle n’a pas d’autre concurrent qu’Emmanuel Macron, à part peut-être vaguement Jean-Luc Mélenchon, qui est à moins de 10%”, précise Jérôme Sainte-Marie. 

Cette annonce est également une manière pour Marine Le Pen de se positionner en “réceptacle des frustrations sociales et politiques suscitées par les actions du gouvernement”, analyse le sondeur. La présidente du RN profite ainsi “du mouvement de contestation actuel pour s’affirmer comme un débouché”. 

Une décision dans la tendance

Elle surfe sur un “vide politique”, estime Philipe Moreau-Chevrolet. “Tout le monde est faible : le président, le gouvernement, LREM, la gauche, la droite… elle peut donc espérer exister”, décrit le professeur de Sciences Po.

Pour lui, c’est “intelligent en terme de stratégie”. D’autant que, d’un point de vue purement financier, une campagne présidentielle coûte cher. Il faut rassembler les fonds et le plus tôt est le mieux. “Actuellement, la tendance est à déclarer sa candidature tôt”, à l’instar de Donald Trump de l’autre côté de l’Atlantique. Une attitude peu habituelle, mais finalement pas si surprenante.

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