PrEP: les ambiguïtés du miracle anti-sida

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Oui, le traitement préventif contre le VIH marche. Mais ses résultats doivent-ils occulter tous les débats qu'il suscite ?

Sur une affiche en noir et blanc, un couple - hétérosexuel ou homosexuel, selon les différents visuels - se regarde amoureusement en souriant. Les mots "Attrapez... le désir", "Propagez... la chaleur" ou encore "Répandez... la passion" sont écrits au feutre blanc sur leurs bras qui s'enlacent. Le tout accompagné de ce slogan : "PrEP. Un comprimé par jour vous protège du VIH."  

Pour le quidam qui tombait dessus cet été, la dernière campagne de l'association Aides avait de quoi laisser perplexe. Voilà longtemps que les trois lettres "VIH" ne s'étaient pas étalées sur des panneaux d'affichage. Bien loin du pilonnage des années 1990, la maladie a disparu des discours et de l'espace public, comme s'il s'agissait d'un problème réglé. Si avaler une pilule chaque jour permet de "répandre la passion" sans prendre de risque pour sa santé, et sans préservatif, c'est que nous avons raté quelques épisodes.  

Le comprimé magique est pourtant disponible en France depuis un peu plus de deux ans. La PrEP, abréviation de "prophylaxie pré-exposition", est un médicament préventif. C'est-à-dire destiné à des gens qui ne sont pas infectés par le sida, pour éviter qu'ils ne le deviennent. "C'est comme si vous preniez un Doliprane, au cas où vous auriez mal à la tête pendant la journée. Ou comme si vous faisiez une petite chimiothérapie, en prévision d'un éventuel cancer", ironise Jérôme André, président de HF Prévention, une association qui propose notamment des dépistages VIH sur le terrain.  

Inféodés à leur pilulier, mais débarrassés de l'angoisse du sida

Pour l'instant, pas question de proposer la PrEP à tout le monde ; seules les populations les plus exposées peuvent y prétendre. C'est-à-dire les "hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes" (HSH, dans le jargon), qui représentent 40 % des contaminations annuelles. Les personnes nées en Afrique subsaharienne comptent également pour 40 % des contaminations, mais elles sont manifestement plus difficiles à mobiliser et à convaincre. ...Lire la suite sur L'Express.fr

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