Les premières selles de votre bébé en disent beaucoup sur sa santé

Johanna Amselem
·2 min de lecture

Selon les chercheurs, moins il y a de molécules différentes dans le méconium et plus le bébé risque de développer une allergie dans l'année.

Les premières selles de votre bébé vont certainement vous surprendre. Pendant les premiers jours de vie du nourrisson, il va faire sa première selle : le méconium. Cette substance visqueuse, verte foncée, signe le début du fonctionnement du transit intestinal. Et, selon une nouvelle étude menée par des chercheurs de l’Université de la Colombie-Britannique, cette selle pourrait en dévoiler beaucoup sur la santé future du nouveau-né. Les conclusions ont été publiées dans Cell Reports Medicine.

Selon eux, l’examen du méconium aide à déterminer l’apparition possible d’allergies pendant la première année. "Notre analyse a révélé que les nouveau-nés qui ont développé une sensibilisation allergique à l'âge d'un an avaient beaucoup moins de méconium 'riche' à la naissance que ceux qui ne développaient pas de sensibilisation allergique", explique le co-auteur principal de l'étude, le Dr Brett Finlay, un professeur aux laboratoires Michael Smith et aux départements de biochimie et de biologie moléculaire, et de microbiologie et d'immunologie à l'UBC.

Dans le détail, le méconium est composé d'une variété de matériaux ingérés et excrétés au cours du développement, allant des cellules de la peau, du liquide amniotique et de diverses molécules appelées métabolites. "Le méconium est comme une capsule temporelle, révélant à quoi le nourrisson a été exposé avant sa naissance. Il contient toutes sortes de molécules rencontrées et accumulées par la mère dans l'utérus, et il devient alors la source de nourriture initiale des premiers microbes intestinaux", a résumé l'auteur principal de l'étude, le Dr Charisse Petersen, associé de recherche au département de pédiatrie de l'UBC.

Anticiper les allergies

Grâce à un algorithme, les chercheurs ont combiné le méconium, les microbes et les données cliniques pour prédire avec un degré élevé de précision (76%) si un nourrisson développerait ou non des allergies à l'âge d'un an. Dans le cadre de cette étude, les chercheurs ont analysé les échantillons des selles de 100 nourrissons. Ils ont découvert que moins il y avait de types de molécules différents dans le méconium d'un bébé, plus l'enfant risquait de développer des allergies d'ici un an. Ils ont également découvert qu'une réduction de certaines molécules était associée à des modifications de groupes bactériens. 

"Ces travaux montrent que le développement d'un système immunitaire sain et d'un microbiote sain peut commencer bien avant la naissance d'un enfant - et signale que les minuscules molécules auxquelles un nourrisson est exposé dans l'utérus jouent un rôle fondamental dans la santé future", rapporte le Dr Petersen. À l'avenir, cette possibilité d’anticiper de possibles allergies peur permettre d’identifier les enfants à risque et d’intervenir précocement auprès d’eux.

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