Un premier pas vers le renouveau de l’élite politique libanaise ?

Quelque 3,9 millions d’électeurs libanais sont appelés aux urnes dimanche pour renouveler les 128 membres du Parlement, un scrutin sous haute tension dans un pays en plein effondrement économique et en proie à des divisions internes et à des tensions géopolitiques.

Ces élections cruciales sont les premières à être organisées depuis le soulèvement populaire de 2019, la crise économique et financière inédite que subit le pays et la double explosion au port de Beyrouth qui a dévasté une partie de la capitale – tous imputés à la caste au pouvoir.

La une du quotidien “L’Orient-Le Jour”, samedi 14 mai : “Aux urnes, citoyens !”..
La une du quotidien “L’Orient-Le Jour”, samedi 14 mai : “Aux urnes, citoyens !”..

Elles représentent indéniablement “un premier test pour les groupes d’opposition qui ont émergé à la suite du soulèvement populaire […] pour exiger le départ d’une classe politique accusée de corruption et d’incompétence”, souligne le quotidien local francophone L’Orient-Le Jour.

La une du quotidien « Annahar », samedi 14 mai : “15 Mai : vers une ’révolution des urnes’”..
La une du quotidien « Annahar », samedi 14 mai : “15 Mai : vers une ’révolution des urnes’”..

“15 mai : vers une révolution des urnes ?”, a d’ailleurs titré le quotidien arabophone Annahar, en allusion aux appels à traduire les slogans de la révolte d’octobre en vote en faveur du changement, même si les estimations tablent dans le meilleur des cas sur la victoire de 10 à 15 députés tout au plus.

D’autres considèrent les élections comme un test pour “l’axe de la résistance” représenté par le Hezbollah, parti chiite armé pro-Iran, et ses alliés – dont le parti du président de la République Miche Aoun –, vainqueurs des législatives de 2018, évoquant un “complot” occidental, voire une “guerre de juillet” électorale [en allusion à la guerre de juillet 2006 menée par Israël contre le Hezbollah], selon les dires du chef du parti pro-Téhéran lui-même, cité par le quotidien pro-Hezbollah Al-Akhbar.

75 % des Libanais sous le seuil de pauvreté

Le scrutin se déroule aussi et surtout dans un contexte d’effondrement économique, marqué par un défaut de paiement [sans issue depuis mars 2020], une chute libre de la monnaie nationale – qui a perdu plus de 95 % de sa valeur face au dollar en deux ans et demi –, ayant provoqué une hyperinflation, une alimentation en courant d’une à deux heures par jour ainsi que des mesures draconiennes imposées depuis novembre 2019 et sans aucun cadre légal par les banques pour empêcher les déposants d’avoir accès à leurs dépôts.

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