Le Premier ministre hongrois multiplie les provocations envers l'UE

Le Premier ministre hongrois multiplie les provocations envers l'UE

Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán est arrivé lundi à Pékin, surprenant à nouveau ses homologues européens.

Après avoir visité Kyiv, sa visite surprise à Moscou et sa rencontre avec Vladimir Poutine ont provoqué une tempête diplomatique vendredi dernier.

Le chef actuel de la présidence tournante de l’UE décrit son voyage sur X comme une "Mission de paix 3.0".

Cependant, selon des sources diplomatiques, l’UE s’inquiète de plus en plus du rôle auto-attribué de Viktor Orban. Il aurait dû clairement expliciter qu’il ne représentait que son propre pays. Au lieu de cela, il a intentionnellement laissé planer beaucoup d’ambiguïté en affichant notamment le logo de la présidence dans ses communications.

Les tensions sont vives après seulement sept jours de présidence hongroise du Conseil de l’UE.

"C’est une campagne stratégique pour ridiculiser l’Union européenne et pour montrer que le Premier ministre Orban peut suivre toutes ces mesures non coordonnées, qui sont des violations évidentes des positions communes et convenues de l’UE, et n’a pas à craindre de conséquences négatives" a déclaré à Euronews Daniel Hegedüs, Chercheur au German Marshall Fund.

"D'une part, il élargit sa marge de manœuvre future et son autonomie politique à venir, mais d'autre part, cela mine sérieusement la perception de la politique étrangère de l’UE parmi les partenaires clés", a-t-il ajouté.

Viktor Orban affirme qu’il est le seul dirigeant européen à pouvoir parler avec Poutine. Nous avons demandé à l’expert si le Premier ministre hongrois pouvait contribuer à tout processus de paix entre la Russie et l’Ukraine.

"Je pense que le Premier ministre Orban est le seul chef d’État ou de gouvernement européen qui est prêt à parler à Monsieur Poutine et qui viole le principe de base établi conjointement par les États membres de l’UE selon lequel il n’est pas question de parler de l’Ukraine sans l’Ukraine. Donc ce n’est pas une question de capacité, mais de volonté", explique Daniel Hegedüs.

Le chercheur dit ne voir "aucune contribution positive de ce genre de diplomatie itinérante à la solution du problème de la guerre en Ukraine", car cela "nécessiterait l’implication de tous les partenaires".

L’UE a à sa disposition des moyens pour réagir aux provocations de Viktor Orban, tels que raccourcir la présidence hongroise de l’UE. La question est de savoir si les États membres sont prêts à s’engager dans cette voie.

Les ambassadeurs de l’UE demanderont des explications au cours d’une réunion mercredi prochain.