Le Premier ministre centrafricain en visite pour soutenir les troupes à Boali

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Accompagné d’une grosse délégation, Firmin Ngrebada s’est rendu ce dimanche matin dans la ville de Boali. Cette ville a fait l’objet de violents combats fin décembre et continue a être attaquée par la coalition. Ce matin, les autorités sont allées au chevet des troupes.

Avec notre envoyée spéciale à Boali, Charlotte Cosset

Alignés, armes au poing… Les soldats positionnés sur ce qui est en train de devenir un front à Boali ont accueilli le Premier ministre, accompagné des ministres de la Défense, de l’Intérieur et de la Communication. Des combats ont régulièrement lieu à Boali et dans ses environs. Alors, après plus de deux semaines d’opérations, il faut remonter le moral des troupes.

« Boali aujourd’hui est un échantillon du travail que nos forces de défenses et de sécurité sont en train d’accomplir sur le terrain avec courage et avec détermination. Il y a des jours où vous vous êtes battus plus de 72 heures sans aucun répit, rappelle Firmin Ngrebada. Le président de la République qui suit de près la situation de terrain ne peut pas rester insensible à ce travail important que vous accomplissez pour défendre l’intégrité du territoire national, assurer la protection des populations, défendre la démocratie, défendre les institutions de la République. »

Un soutien bienvenu

Le lieutenant-colonel Wallo est le chef des opérations à Boali. L’insigne de son unité est le lion pour la férocité. Malgré la ténacité de ses hommes, ce geste est accueilli avec gratitude : « Ici on passe des moments très durs, très ardus. Si l’on n’a pas le cœur, on ne peut rien faire. C’est le cœur qui nous fait des hommes. Donc votre présence va nous motiver davantage, affirme le lieutenant-colonel Wallo. Toute la zone est en rang de défense avec nous, avec nos partenaires et cette défense ici je peux vous assurer que personne ne pourra franchir cette ligne de défense ici. Nuit et jour, quand ils essaient ils ont toujours des pertes. Et ici avec les partenaires russes on ne va jamais lâcher. » Deux hélicoptères russes survolent en permanences la zone.

En effet, derrière cette barrière, à un kilomètre, se trouvent les rebelles. Boali fait désormais lieu de front et de dernier rempart avant Bangui. « Tous les rebelles qui sont cités ont concentré leurs efforts sur Boali afin de l’occuper et de descendre sur Bangui et de s’emparer du pouvoir. Dieu merci avec nos partenaires russes. Leur unité des forces spéciales sur la zone avec nous ont manœuvré très dur nuits et jours. Nous avons mené plus de 4 missions offensives pour rester ici à Boali. C’est notre dernier bastion ici, jusqu’à la dernière goute de sang personne ne va lâcher ca. Ca on vous le promet. »

Bozizé en ligne de mire

Une opération de communication importante pour le Premier ministre auprès de ses troupes. Habillé en tenue militaire, il a distribué médailles et vivres aux soldats. En plus des mots de soutien, il en a profité pour délivrer un message politique.

« Au début, il était question de perturber les élections, mais là nous sommes en train de passer à une autre étape qui est celle de la tentative de la prise de Bangui. Ils se sont déployés partout. Boali est un objectif majeur puisque Boali donne sur la capitale. Bozizé et ses alliés seront arrêtés et traduits en justice s’ils sont encore vivants. On ne cèdera pas un mètre de notre territoire. Nous serons à vos côtés. »

Objectif pour les forces centrafricaines : empêcher le passage ou le contournement de la ville. Par tous les moyens possibles.