Le premier film de Lola Quivoron, « Rodeo », lève le voile sur le milieu controversé du rodéo urbain

© Les Films du Losange

Il a suffi d’une phrase pour enflammer les réseaux sociaux et les esprits. Au Festival de Cannes, Lola Quivoron présente son premier film, Rodeo*, dans la catégorie Un certain regard. Dans une interview donnée à Konbini, la réalisatrice de 33 ans lâche une bombe sur le cross bitume, qu’elle considère comme un phénomène de société quand médias et politiques parlent plus volontiers de rodéos urbains ou sauvages marqués par des nuisances et des accidents parfois dramatiques : « Les accidents, ils sont souvent causés par les flics, qui prennent en chasse et qui créent une forme de précarité poussant les riders vers la mort. »

Scandalisé, le maire LR de Cannes, David Lisnard, compare son intervention à « un sketch des Inconnus », et le syndicat de policiers Alliance déclare que « la réalité des victimes et des riverains est bien différente » face à ce « fléau ». Fin juillet, la cinéaste publie une tribune pour dénoncer la façon dont ses propos ont été « caricaturés et extrapolés ». Pour modérer sa charge contre les forces de l’ordre, elle précise avoir constaté des drames depuis 2015, quand elle a commencé à suivre cette communauté pétaradante : « Des collisions, des piétons fauchés, des chutes tragiques. »

Le choix de la criminalité

« Je ne mets en scène aucun “rodéo urbain”, précise-t-elle. On ne voit pas de riders rouler en ville, de course-poursuite avec la police. » Dans son film, les quelques scènes d’« action » se déroulent en effet dans des zones industrielles désertes ou ...


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