Premier bilan pour la commission "inceste" après l'appel à témoignages

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90% des victimes d'inceste qui ont témoigné à la Ciivise sont des femmes (image d'illustration). (Photo: Tatiana Maksimova via Getty Images)
90% des victimes d'inceste qui ont témoigné à la Ciivise sont des femmes (image d'illustration). (Photo: Tatiana Maksimova via Getty Images)

VIOLENCES SEXUELLES - Il est l’heure du premier bilan pour la Ciivise. La commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants révèle ce mercredi 17 novembre qu’elle a déjà recueilli plusieurs milliers de témoignages de victimes depuis le lancement de son appel en septembre.

Au total, la Ciivise a reçu 1200 courriers ou emails, 1200 appels sur sa plateforme téléphonique (0.805.802.804 pour la métropole et 0.800.100.811 depuis l’outre-mer), et 3800 questionnaires ont été remplis sur son site Internet. “Il se peut que des personnes aient à la fois écrit, appelé, et répondu à des questionnaires”, reconnaît-elle toutefois dans Le Monde.

D’après les premières analyses, les victimes qui ont témoigné sont dans 90% des cas des femmes et la grande majorité d’entre elles l’ont été au sein de leur famille (80%). La plupart avaient également déjà parlé de ce qu’elles avaient subi (90%) mais 7 sur 10 l’ont fait seulement plus de 10 ans après les faits.

Un tiers des victimes a fait une tentative de suicide

Or, “plus le temps passe entre l’agression et la révélation, plus les symptômes physiques ou psychiques associés à ce traumatisme vont s’aggraver”, explique à 20minutes la docteure en psychologie clinique Karen Sadlier.

Résultat: les impacts sur la santé mentale sont importants puisqu’un tiers des victimes révèle avoir fait une tentative de suicide. La même proportion déclare n’avoir eu aucune vie sexuelle après leur agression. 1 femme sur 3 déclare aussi avoir des problèmes gynécologiques et 1 sur 5 déclare un dérèglement de son cycle menstruel ou une absence de règles.

Ce premier bilan doit permettre d’améliorer la prise en charge des victimes, indique dans LeMonde Alice Debauche, sociologue à l’université de Strasbourg et membre de la commission. Car, “plus on est en capacité d’identifier des conséquences spécifiques des violences sexuelles vécues dans l’enfance, plus on va pouvoir fournir aux professionnels, notamment de santé, des grilles d’analyse et des signaux d’alerte.”

Un travail indispensable, alors que 160.000 enfants seraient victimes de violences sexuelles chaque année.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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