Première mondiale pour les chirurgiens qui opèrent les foetus (et elle est française)

Annabel Benhaiem

SCIENCE - C'est une première mondiale. Une équipe de chercheurs français, parisiens et lillois, vient de réaliser une prouesse. Ils ont pu faire une série d'observations inédites de l'anatomie d'embryons humains âgés de 6 à 14 semaines.

"On a pu observer le développement des organes, explique au HuffPost le directeur de recherche Inserm Alain Chédotal. On sait désormais comment les nerfs se mettent en place dans la main, sur les muscles. On sait aussi comment se développe le système nerveux périphérique (à l'extérieur du cerveau et de la moelle épinière)."

Nerfs aléatoires

"Nous avons réussi à distinguer les nerfs sensitifs (qui transmettent des signaux sensoriels vers le cerveau) des nerfs moteurs (qui sont reliés aux muscles), ce qui était alors impossible", explique Alain Chédotal. Autre découverte: la variabilité de l'arborescence nerveuse au niveau des mains. Le développement des nerfs principaux est conservé dans toutes les mains, mais celui des petites innervations périphériques est beaucoup plus aléatoire entre les mains gauche et droite et entre les individus.

Enfin, dernier avantage souligné par les chercheurs: "Nous pouvons avoir une idée du rythme de prolifération cellulaire pour chaque organe en comptant les cellules fluorescentes aux différents âges embryonnaires".

Données datant du XIXe siècle

Jusqu'à aujourd'hui, aucune équipe de recherche n'avait réussi à faire ces observations. Les organes des embryons n'étaient représentés que par des dessins. "On travaillait sur des données qui datent du XIXe siècle, se rappelle le directeur à l'Institut de la vision. On collectait les embryons, on les mettait dans la paraffine et on faisait de fines coupes qu'on observait au microscope. Il fallait ensuite toutes les assembler pour représenter un organe entier."

Ce procédé appartient désormais au passé. "Dorénavant, on va pouvoir comprendre ce qui provoque des fausses couches ou bien quels sont les organes et les tissus touchés par une pathologie,...

Retrouvez cet article sur le Huffington Post



En utilisant Yahoo vous acceptez les cookies de Yahoo/ses partenaires aux fins de personnalisation et autres usages