L'aide humanitaire arrivera au Venezuela le 23 février, dit Guaido

Le chef de file de l'opposition vénézuélienne, Juan Guaido (photo), a déclaré lundi qu'une première cargaison d'aide humanitaire a été acheminée au Venezuela par son équipe. /Photo prise le 11 février 2019/REUTERS/Carlos Garcia Rawlins

CARACAS (Reuters) - Le chef de file de l'opposition vénézuélienne, Juan Guaido, a déclaré mardi devant une foule de ses partisans rassemblés à Caracas qu'un premier convoi d'aide humanitaire entrerait au Venezuela le 23 février, défiant le président Nicolas Maduro qui refuse de donner son feu vert.

Des dizaines de milliers de personnes sont une nouvelle fois descendus dans la rue mardi à l'appel de Juan Guaido, qui s'est autoproclamé président par intérim le mois dernier.

Les premiers camions transportant de l'aide humanitaire fournie par les Etats-Unis et la Colombie sont arrivés jeudi dernier dans la ville frontalière colombienne de Cucuta, attendant que Nicolas Maduro accepte d'ouvrir la frontière.

Un émissaire de l'opposition vénézuélienne a aussi déclaré mardi que le Brésil, autre soutien de Juan Guaido, tenterait aussi d'acheminer de l'aide de son côté.

Le président autoproclamé a déclaré mardi à ses partisans qu'il avait "donné l'ordre" aux forces armées de laisser les camions humanitaires entrer dans le pays, bien que l'armée n'ait pas manifesté pour le moment l'intention de lâcher le pouvoir en place.

"Rangez-vous du côté de la Constitution, mais aussi du côté de l'Humanité", a lancé Guaido en s'adressant aux militaires.

"Le 23 février sera le jour où l'aide humanitaire va entrer au Venezuela donc nous devons nous organiser à partir d'aujourd'hui", a-t-il ajouté.

Selon Guaido, plus de 300.000 Vénézuéliens sont menacés par la famine, ce que nie Maduro, comme il l'a répété dans une interview à la BBC diffusée mardi. "Il n'y a pas de famine au Venezuela", a-t-il assuré.

"Le Ku Klux Klan qui dirige la Maison blanche veut mettre la main sur le Venezuela", a accusé le président vénézuélien, qui est notamment soutenu par la Russie et la Chine. "En Occident, la situation au Venezuela est déformée pour justifier une intervention."

Guaido, reconnu par les Etats-Unis et la plupart des pays occidentaux comme le président légitime, a publié lundi sur Twitter une photo sur laquelle il apparaissait entouré de boîtes de vitamines et de compléments alimentaires qui seraient déjà entrés au Venezuela.

Ces produits, destinés aux enfants et femmes enceintes, devaient être distribués à plusieurs centres de soins, a-t-il dit. "Aujourd'hui nous avons livré les premiers dons, la première cargaison d'aide humanitaire, à petite échelle parce que, comme vous le savez, ils ont bloqué la frontière pour le moment", a-t-il déclaré à la télévision.


(Sarah Marsh and Deisy Duitrago; Jean Terzian et Tangi Salaün pour le service français)