Première guerre mondiale : la difficile reconnaissance des soldats fous

Leurs blessures n’étaient pas aussi apparentes qu’une cicatrice ou une amputation. Pourtant, ils ont tout autant souffert. Communément appelés les soldats fous, ils font partie de ceux qui sont revenus traumatisés psychologiquement par la Première guerre mondiale. Victime de troubles psychiatriques, beaucoup ont fini leur vie dans l’hôpital psychiatrique de Cadillac en Gironde où un cimetière leur est désormais réservé. "Ces soldats sont les grands oubliés" Pendant longtemps, les troubles de ces soldats n’ont pas été bien pris en charge. Avant cela, ces hommes étaient mis à l’écart, comme si les militaires voulaient cacher au monde l’image qu’ils renvoyaient. "Ces soldats sont les grands oubliés parce qu’ils représentaient, ils donnaient un visage de la guerre qu’on ne voulait pas voir", décrypte Jean-Yves Lenaour, historien spécialiste de la guerre 14-18. Sous la pression des familles des victimes, il aura fallu attendre jusqu’en 1992 pour que le stress post-traumatique soit reconnu par l’armée française.