Première en France : un rein re-greffé après l'arrêt cardiaque de son premier receveur

SEBASTIAN KAULITZKI / SCIENCE PHOT / SKX / Science Photo Library via AFP

C'est une première en France : un rein en est à son troisième propriétaire, après que le premier receveur, greffé il y a dix ans, est décédé d'un arrêt cardiaque. L'opération réalisée à Paris est une belle réussite, malgré de nombreux obstacles.

C’est une première en France : suite au décès par arrêt cardiaque de son premier receveur, un rein a été récupéré et retransplanté à une seconde personne en attente de greffe. L’homme, d’une soixantaine d’années, se porte très bien.

Re-transplanter un même organe, une opération rarissime en France

Le lundi 2 mai 2022, un curieux alignement de planètes survient à l’hôpital Saint-Louis AP-HP (Paris). Un homme, transplanté du rein une décennie auparavant, est dans un état critique, au point qu’il n’y a plus d’espoir de le sauver. "C’est une situation au-delà de toute ressource thérapeutique. Dans ces cas-là, nous arrêtons tous les traitements, devenus déraisonnables. Nous ne maintenons que les soins de confort jusqu’à arrêt du cœur du patient”, explique à Sciences et Avenir le Dr François Gaudez, chirurgien transplanteur au service d’urologie de l’hôpital Saint-Louis (AP-HP). C'est-ce qu’on appelle le protocole Maastricht III, qui existe en France depuis 2014. Après le décès du patient, ses organes peuvent être prélevés... Et, dans ce cas précis, son rein retransplanté. “Transplanter le même organe dans un deuxième receveur, c’est très rare, c'est arrivé moins de 10 fois en France”, remarque le chirurgien. Dans les pays anglo-saxons, les protocoles de transplantation sous Maastricht III se font beaucoup depuis 20 ans, mais l’Hexagone travaille à rattraper son retard.

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Un greffon en bon état grâce à plusieurs coups de chance (et de l'expertise)

Car pour une transplantation réussie, plusieurs conditions essentielles doivent être réunies. D’abord, le greffon doit être compatible avec un patient en attente. Pour le vérifier, des tests sont réalisés de façon à vérifier que les groupes sanguins sont compatibles entre greffon et receveur, mais également les anticorps développés au fil de leur existence, et qui pourraient interférer. “Certaines personnes ont beaucoup d’anticorps, et d’autres très peu, on ne sait pas pourquoi”, explique le Dr Gaudez. Le receveur en [...]

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