Pour la première fois, Tariq Ramadan confronté à l'une de ses plus anciennes accusatrices

Par E.P
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Tariq Ramadan arrive au Palais de justice à Paris le 13 février 2020. - Thomas SAMSON © 2019 AFP
Tariq Ramadan arrive au Palais de justice à Paris le 13 février 2020. - Thomas SAMSON © 2019 AFP

Tariq Ramadan est confronté ce mardi au tribunal judiciaire de Paris à l'une de ses premières accusatrices, Mounia Rabbouj. Cette dernière dénonce plusieurs viols en 2013 et 2014, faits pour lesquels l'islamologue a été mis en examen fin octobre.

Une première confrontation

Désormais mis en examen pour des viols sur cinq femmes, il est arrivé dans la matinée, vers 10 heures au cabinet de la juge d'instruction. Pour ce rendez-vous judiciaire, il est accompagné de ses cinq avocats français.

C'est la première fois que l'islamologue, qui s'estime victime de la vengeance d'ex-maîtresses, est confronté à cette ancienne escort-girl de 47 ans qui avait porté plainte contre lui en mars 2018. L'intellectuel suisse de 58 ans a été mis en examen pour ces viols le 22 octobre, à l'issue d'une audition devant un juge d'instruction, comme le réclamait le parquet depuis le printemps 2018.

"Il n'y aucun élément nouveau, c'est une mise en examen de pure forme pour pouvoir organiser prochainement la confrontation", avaient dénoncé à l'issue de l'interrogatoire les avocats, Mes Nabila Asmane, Ouadie Elhamamouchi et Philippe Ohayon.

Dans ce volet, "ce n'est pas la parole de Tariq Ramadan contre celle de cette femme, c'est cette femme contre ses propres mensonges graves et concordants", avaient-ils ajouté.

Une robe tâchée de sperme

Mounia Rabbouj, partie civile lors du procès pour proxénétisme du Carlton, où comparut l'ancien patron du FMI Dominique Strauss-Kahn, l'accuse de l'avoir violée à neuf reprises en France, à Londres et à Bruxelles, de 2013 à 2014. A l'appui de son récit, Mounia Rabbouj avait présenté une robe tâchée du sperme de l'islamologue. Ce récit avait contraint l'intellectuel musulman, qui niait jusqu'alors toute relation extraconjugale, à admettre qu'il avait eu des relations adultères avec elle et d'anciennes maîtresses, un tournant majeur dans ce dossier.

Tariq Ramadan est mis en examen pour des viols sur cinq femmes. La semaine dernière, il s'est aussi rendu à Genève pour y être entendu par un procureur genevois sur des viols en Suisse en 2008 dont l'accuse une femme surnommée "Brigitte".

Le contrôle judiciaire de l'islamologue, qui lui interdisait de voyager hors de France, a été modifié en octobre pour lui permettre de répondre aux convocations du procureur de Genève. Deux confrontations entre "Brigitte" et Tariq Ramadan avaient été organisées dans le cabinet d'un juge d'instruction à Paris en septembre et octobre.

Article original publié sur BFMTV.com