"Pour la première fois, avec la COP27, il a été reconnu qu’il fallait apporter des financements à ceux qui souffrent le plus"

Stephane Mouchmouche / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Pour Gabriela Ramos, qui a organisé un symposium de trois jours à l’Unesco intitulé "L’humain qui vient" à l’occasion de la Journée mondiale de la philosophie du 17 novembre 2022, ce ne sont pas seulement les économistes et les décideurs mais aussi les philosophes qui doivent nous aider à penser le monde en train de changer à grande vitesse, à l’heure du changement climatique.

"Révolution numérique, changement climatique, compréhension de notre propre monde fracturé… La philosophie - et les philosophes qui posent les bonnes questions - nous éclairent face aux défis contemporains", estime Gabriela Ramos, directrice pour les sciences humaines et sociales de l’organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco). Sous son égide, à l’occasion de la Journée mondiale de philosophie du 17 novembre 2022, a été organisé un symposium de trois jours de réflexion en collaboration avec Le Fresnoy- Studio national des arts contemporains et les Rencontres philosophiques de Monaco. Son titre ? « L’humain qui vient », fleurant presque la science-fiction. Philosophes, anthropologues, biologistes, informaticiens, poètes, plasticiens ont évoqué aussi bien « La question de la technique », « La vie, le cosmos, le temps long » que les « Finalités de l’histoire » ou « Les animaux, les arbres, les rivières et nous ». "Nous pensons au long terme en essayant de ne pas nous laisser emprisonner par le court terme. Et nous voulons donner plus de visibilité à la philosophie, car ce ne sont pas seulement les économistes, pas seulement les décideurs qui doivent réfléchir à toutes ces questions", insiste Gabriela Ramos. Interview depuis Charm el-Cheikh (Egypte), où elle s’était rendue à l’occasion de la COP27 sur le climat.

"Les algorithmes reproduisent les biais et les discriminations du monde réel"

Sciences et Avenir : Vous vous êtes personnellement impliquée dans l’adoption en 2021 par les 193 états de l’Unesco d’une recommandation pour promouvoir l’éthique en intelligence artificielle. Pourquoi ?

Gabriela Ramos : L’éthique nous éclaire sur les côtés positif et négatif de l’IA, qu’on ne peut pas examiner à l’aune du seul progrès technologique et de sa rapidité. Le positif, on le connaît, c’est l’augmentation de notre capacité analytique du monde, la puissance des ordinateurs pour accomplir des tâches qui nous prendraient des jours, mois, a[...]

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