"La première faute" : un premier roman cynique en trompe-l'oeil

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Avec « La première faute » (JC Lattès), Madeleine Meteyer signe un premier roman déroutant. La complexité de ses personnages, comme la finesse et le piquant de leur description, baignés dans une intrigue qui révèle pas à pas sa noirceur, en font un objet singulier.

Il y a des quatrièmes de couverture qui ne servent pas leur auteur, encore moins le contenu de leur œuvre. C'est le premier écart de La première faute, premier roman de Madeleine Meteyer, journaliste au Figaro. Et, à vrai dire, le seul. « Valentine croit à la tradition, François au progrès, mais ils tombent amoureux. [...] Ils ont trois enfants et tout de la famille idéale. Pourtant, quelque chose dissone ». On s'imagine un roman mièvre, fade, plat, alourdi par le poids de rondeurs stylistiques exagérées qui desservent une intrigue forcée dans un milieu - certainement celui de l'auteure - où la linéarité des existences est la seule péripétie imaginable. Il n'en est rien. Ce roman est piquant, mordant, surprenant. Tout le contraire de ce que l'on pouvait redouter.Un jeu d'apparencesD'abord parce que Madeleine Meteyer écrit avec un couteau. Par le regard de Valentine, éditorialiste conservatrice névrosée, déstructurée, hantée par le fantôme de la banalité (et passablement insupportable), elle entaille, balafre et lacère un nombre infini de cibles. Avec ironie, cynisme, et une musicalité certaine dans l'écriture. Première victime : François, l'homme de sa vie, bobo/naïf/mou « plus féministe qu'une femme »,...

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