La première cartographie mondiale des événements fondateurs de l'humanité

Rémi Tournebize et Priya Moorjani

Isolation, migration ou pratiques culturelles : les populations humaines ont été confrontées bien des fois à l'établissement d'une large part de la population à partir d'un petit groupe d'individus. Appelés événements fondateurs, ces sources de faible diversité génétique se voient dans notre ADN.

Votre ADN ne recèle pas seulement la couleur de vos yeux, mais aussi une partie de l’histoire de vos ancêtres. En analysant des génomes d’humains modernes et anciens, des chercheurs ont réalisé la première cartographie des événements fondateurs de l’humanité.

Migrations, pratiques culturelles ou isolation géographique ont conduit à de multiples occasions l’humanité à une reproduction dans un entre-soi. Lors de ces événements fondateurs, un petit groupe d’individus a engendré ce qui deviendra une large part de la population dans les générations suivantes. Plus le groupe fondateur était petit, plus l'événement fondateur est considéré comme intense, car la population engendrée pâtit d'une faible diversité génétique. Un exemple connu est celui des Juifs Ashkénazes, d’origine européenne, qui pendant des siècles ne se sont mariés qu’entre eux. Au point que les millions de Juifs Ashkénazes modernes descendent de quelques milliers de personnes à peine. “Nous avons daté ces événements du début au 10ème siècle après JC”, précise Rémi Tournebize, premier auteur de ces nouveaux travaux menés à l’Université de Berkeley (Etats-Unis).

Cartographier les événements fondateurs de l’humanité

En analysant 300 populations humaines actuelles et 160 anciennes, l’équipe a daté et évalué l’intensité de chaque événement fondateur détectable dans leur ADN. "Nous voulions constituer un atlas de la distribution spatiotemporelle des événements fondateurs sur divers groupes humains du monde, le plus complet à ce jour”, expose le chercheur. Problème : les méthodes existantes pour ce type d’analyses avaient jusqu’à présent besoin d’un grand nombre de génomes complets. Impossible avec des populations anciennes. De plus, beaucoup de ces méthodes se basaient sur l’horloge des mutations. “Les mutations apparaissent à un rythme constant au fil des générations, plus ou moins rapide en fonction des espèces”, révèle Rémi Tournebize. En comparant le nombre de mutations entre individus d’une même populati[...]

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