«Première année dehors. Journal de bord», la vie en sortant de prison

·2 min de lecture

Valérie Manns, réalisatrice de documentaires, a suivi trois détenus après qu'ils ont purgé leur peine. Elle revient sur la manière dont elle a mené à bien son projet. Tout a commencé il y a sept ans. En 2013, je réalise un documentaire intitulé Les Enfants perdus qui raconte une histoire de la jeunesse délinquante, de l'ordonnance de 1945, premier grand texte sur la justice des mineurs, à aujourd'hui. L'un des témoins me raconte alors sa sortie de prison un matin, sans rien, sa solitude, son errance, et la façon dont il replonge quelques mois plus tard. Tout mon travail tourne autour de la question de la liberté. Alors j'ai eu envie de m'intéresser à cet autre volet, ce qui se passe la première année dehors, année réputée la plus fragile. Cependant, pour comprendre ce que signifie une libération, il fallait que j'aille en détention. Pendant six mois, un jour par semaine, je suis allée rencontrer des détenus à la maison d'arrêt de Fleury-Merogis, la plus grande cité pénitentiaire d'Europe. J'ai animé un atelier d'écriture à partir de livres de Georges Perec. Je leur ai proposé d'écrire sur la sortie à travers la notion d'espace. Ils ont ranimé leurs souvenirs du monde du dehors. Ils m'ont décrit leurs lieux familiers: les abords de la prison, les paysages, leur ville, leur appartement, leur chambre. De ce travail sont nés des expositions et un livre qui rassemble certains de leurs textes, des portraits photographiques et un documentaire sonore. À LIRE AUSSI En dix ans, le nombre de femmes incarcérées a grimpé en flèche Un focus sur la reconstruction Le film Première année dehors. Journal de Bord est né de cette question sur la conquête de la liberté. Je me documente sur les conditions de sortie sur le plan juridique, social, sanitaire, administratif, affectif, mais aussi sur l'état d'esprit des... Lire la suite sur Slate.fr.