Prades et Perpignan, quand les résultats de la présidentielle surprennent

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Emmanuel Macron en tête dans la plus grande ville de France dirigée par le RN, et Marine Le Pen dans le fief de Jean Castex: à Perpignan comme à Prades, dans les Pyrénées-Orientales, les résultats de la présidentielle ont suscité la surprise.

Au détour d'une étroite ruelle du quartier Saint-Jacques de Perpignan, des hommes, chargés de galettes de pain et de boissons gazeuses, se pressent de rentrer chez eux pour rompre le jeûne en ce mois de ramadan.

"J'ai voté Macron. Le Pen et lui, c'est le jour et la nuit, surtout pour les personnes comme moi, les Maghrébins", déclare à l'AFP Karim Belkebir, un commerçant de 36 ans.

"Dans notre quartier, il y a des gitans, des Arabes, on vit tous bien ensemble. Avec Macron, qui ne prône pas la division, notre culture est préservée. Marine, elle, nous aurait emmenés à la guerre", souligne-t-il.

La cité catalane de 120.000 habitants, qui a placé le numéro 3 du Rassemblement national (RN), Louis Aliot, à sa tête aux dernières municipales il y a deux ans, a accordé dimanche 52,02% des voix à Emmanuel Macron. Pas un raz-de-marée, mais pour certains la symbolique est forte.

- Pas un désaveu -

"C'est une ville très métissée. Les quartiers populaires, qui avaient voté Mélenchon au premier tour, ont voté en masse pour Macron au second, ils ont bien compris qui était leur ennemi", estime Françoise Attiba, co-présidente de la Ligue des droits de l'Homme à Perpignan.

Dans certains de ces bureaux de vote, le président sortant et candidat de La République en marche (LREM) a recueilli plus de 60% des voix.

Pour Nicolas Lebourg, chercheur spécialisé dans les extrêmes droites, ce vote n'est toutefois pas le signe d'un désaveu pour M. Aliot.

Selon lui, les électeurs de Perpignan, l'une des villes les plus pauvres de France dans un département au chômage record, ne font pas forcément de parallèle entre la gestion du maire et le programme de son ex-compagne, dont la question de la préférence nationale et de l'islam.

"M. Aliot a gagné la ville sur une ligne qui était la fusion des droites. Quand il parlait d'économie, vous auriez volontiers cru entendre un candidat de La République en marche", souligne-t-il.

Au lendemain des élections, le porte-parole de Marine Le Pen s'est félicité de ses "scores sans précédent" (56,32%) dans les Pyrénées-Orientales, rappelant qu'à Perpignan, elle a tout de même gagné 3.403 voix par rapport à 2017.

A quelque 40 km à l'ouest, le marché bat son plein à Prades, petite commune de 6.000 habitants dont le Premier ministre Jean Castex a été maire de 2008 à 2020.

Le RN l'a emporté au second tour avec 51,33%, alors que Jean-Luc Mélenchon était arrivé premier le 10 avril avec 27,12%.

- "Cri de détresse" -

"Le territoire du Conflent est rural, enclavé, avec une population en grande difficulté sociale", déplore Philippe Assens, militant écologiste et politique local.

Pour lui, les habitants de Prades gardent de la sympathie pour Jean Castex qui incarne à leurs yeux "le bon père de famille, même quand il était Premier ministre".

"C'est plutôt dans le vote antisystème qu'il faut chercher la chute d'Emmanuel Macron à Prades", dit-il, rappelant que les crises des "gilets jaunes" ou du pass sanitaire ont été "très mal vécues".

A l'ombre d'un oranger, dans le café associatif qu'elle préside, Sarah Vasconcelos est convaincue aussi que le vote RN y est un "vote contestataire".

"Il est loin d'être basé sur le racisme ou la préférence nationale. C'est un cri de détresse de beaucoup de jeunes", estime cette quadragénaire qui côtoie des publics en difficulté sociale.

Attablé dans un bar avec son fils, Clément Frenoi ne cache pas son vote RN.

"Macron a été un président pour les riches. Moi j'ai énormément perdu en pouvoir d'achat, je ne me sens pas du tout considéré", confie ce père de famille de 31 ans, employé des travaux publics.

Regard pétillant, Maryse Martin, 72 ans, a également choisi Marine Le Pen. "Je n'adhère pas à tout son programme, mais c'est la seule qui pense aux petites communes, à la campagne", dit-elle, regrettant une France "de plus en plus coupée en deux".

"Mais vu le contexte de crise à l'étranger, je ne pense pas que c'était le moment de changer de président!", lâche en riant cette retraitée, consciente de ses contradictions.

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