Un prêtre français se bat contre la détresse des enfants de Manille

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Paris Match. Vous recueillez dans votre centre à Manille des enfants traumatisés par des violences, physiques ou/et psychiques. Vous êtes donc un témoin privilégié de la résilience. D’après votre expérience, est-ce un processus instinctif qui ne se commande pas ? Certains ont la capacité de la déclencher, d’autres, malheureusement pas. Ou est-ce un réflexe de survie que l’on peut aider à faire éclore, par l’accompagnement ?

Matthieu Dauchez. Réduire la résilience à un réflexe inné, et donc fatalement réservé à certains privilégiés, est inadéquat il me semble. Et surtout, bien loin de la réalité que nous observons dans les rues de Manille. L’être humain montre dans l’épreuve une capacité évidente de « rebond » - étymologie même du mot résilience - mais celle-ci est conditionnée, structurée, portée par un grand nombre de facteurs qu'il faut considérer dans leur ensemble. On ne peut nier des éléments proprement biologiques, d’autres acquis pendant la grossesse ou lors de ces toutes premières années de confrontation au monde, éléments que l’on ne peut donc plus vraiment canaliser. Mais il y en a un certain nombre - à mon avis bien plus décisifs - qui sont le fruit d’une compréhension profonde de l’être humain, ce qui le constitue, ce qui donne du sens à sa vie malgré les souffrances ou bien oserais-je dire… au travers de ces souffrances. Il faut donc commencer ici par tordre le coup d’un apriori malheureusement bien ancré dans les esprits : la victime d’hier devient le coupab...


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