Prêter main forte aux agriculteurs français: pas si facile!

L'opération « Des bras pour ton assiette », lancée fin mars en pleine épidémie de coronavirus, pour aider les agriculteurs en manque de saisonniers étrangers suite à la fermeture des frontières était prometteuse. Mais un mois et demi plus tard, le bilan est très mitigé. Inadéquation entre l'offre et la demande, réalité du terrain, souvent plus dure qu'imaginée, tout ne s'est pas toujours passé comme prévu.

Enregistrer les défections, trouver les remplaçants, les former, refaire les contrats, en ce moment les journées de Rachel, responsable recrutement dans une exploitation fruitière ressemblent aux travaux d’Hercule, la faute à un casting raté : sur ses 150 candidats débutants pour la cueillette des fraises, peu étaient visiblement préparés : « Sur 20, il m’en reste 6, compte tenu que c’est quand même un peu physique. Ce n’est pas en une journée qu’on apprend à cueillir des fraises, à s’adapter à la position, tout ça. Il faut quand même persévérer. Parce qu’il y en a qui se sont dit : on va venir prendre l’air. Mais ce n’est pas ça ». Pour Rachel qui peut aussi compter sur 70% d’habitués, la récolte devrait être sauvée.

C’est plus dur pour ceux dont la main d’œuvre étrangère, bien rodée, formait le gros des troupes. Alors comment s’organiser mieux à l’avenir ? « Il y a un groupe qui s’appelle  Etika Mondo qui cherche à mettre en place des chantiers écologiques massifs, des groupes de 10 personnes aujourd’hui mais qui peuvent être plus importants encore. Coordonnés au niveau local, départemental ou régional. Cela peut être des professionnels qui font ça tous les ans. Ça peut être aussi des gens qui disent : je consacre une semaine, 15 jours, un mois. Il faut travailler dessus, voire comment on assure les gens, comment on les forme, comment on les loge, comment on les nourrit », propose Dominique Marion de la Fédération nationale des agriculteurs biologiques (FNAB).

Seulement 15 000 contrats de mission signés avec des Français au chômage technique ont été signés sur un total de 300 000 candidatures. En attendant,  en raison des besoins urgents : le gouvernement a accordé la semaine dernière une dérogation pour permettre aux saisonniers bulgares et roumains de venir travailler en France cet été.

►À lire aussi : Coronavirus: les agriculteurs français demandent un renfort immédiat pour leurs récoltes