Présidentielle en Tchéquie : la “sale campagne” d’Andrej Babis

Denik N

“Une seule voie (possible) : une campagne sale”, titre Denik N en une de son édition de ce lundi 16 janvier, au-dessus d’un dessin montrant un Andrej Babis aux yeux brillants devant une valise sur laquelle figure l’inscription “Pour le 2e tour”. L’ancien Premier ministre (2017-2021) est en train de retirer ses gants blancs, prêt à plonger les mains – et donc à les salir – dans cette valise au contenu mystérieux qui illumine son visage. “(Petr) Pavel a plus d’électeurs, Babis doit passer à l’attaque”, explique le quotidien indépendant.

Si les deux derniers candidats à la succession au château de Prague (l’actuel palais présidentiel) de Milos Zeman, le président sortant, ont obtenu un score quasi identique au premier tour (35,4 % pour Pavel, 34,99 % pour Babis), l’ancien Premier ministre est toutefois “dans une position plus défavorable, et sa seule chance (de l’emporter) est de durcir le ton”, peut-on lire.

Malgré l’acquittement dont il a récemment bénéficié à Prague dans une affaire de fraude aux fonds européens, Andrej Babis, qui bénéficie du soutien du très clivant Milos Zeman, reste une personnalité très controversée aux yeux de beaucoup. C’est pourquoi, toujours selon Denik N, “il doit faire en sorte qu’une partie des électeurs qui autrement voteraient pour Petr Pavel ne participent pas au second tour”.

Andrej Babis compare son adversaire à Vladimir Poutine

Accusé de collaboration avec la police secrète sous le régime communiste, milliardaire qui, après la révolution de 1989 ayant chassé les Soviétiques, a fait fortune dans l’agroalimentaire, il est souvent étiqueté comme populiste depuis son entrée en politique au début des années 2010. Il fait également objet d’une enquête en France pour blanchiment de fraude fiscale. L’ancien Premier ministre, qui avait fait descendre des centaines de milliers de personnes dans les rues contre ses réformes lorsqu’il était à la tête du gouvernement, cumule les casseroles.

Comme le montre encore le dessin en une du quotidien, où à côté de la fameuse valise figure un tampon avec faucille et marteau sur le timbre, symboles d’un passé pas encore révolu, c’est paradoxalement au parcours communiste de son adversaire qu’Andrej Babis, pourtant lui-même ancien membre de ce parti, s’est attaqué. Samedi 14 janvier, il a ainsi comparé la carrière de Petr Pavel, ancien chef d’état-major de l’armée tchèque et ancien président du comité militaire de l’Otan, à celle du président russe Vladimir Poutine, en raison de sa formation dans le renseignement militaire avant la révolution de 1989.

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