Présidentielle: Taubira en quête de légitimité à la primaire populaire

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  • François Ruffin
    Journaliste, réalisateur et homme politique français
Seule en scène à la primaire, Taubira en quête de légitimité populaire (Photo: Christian Hartmann via Reuters)
Seule en scène à la primaire, Taubira en quête de légitimité populaire (Photo: Christian Hartmann via Reuters)

POLITIQUE - Un pari sans rien à perdre. Christiane Taubira, candidate “envisagée” à l’élection présidentielle a indiqué ce dimanche 9 janvier lors d’un déplacement à Bondy, en Seine-Saint-Denis, qu’elle se soumettrait au résultat de la Primaire populaire fin janvier.

En clair: elle entrera définitivement dans la course si et seulement si elle remporte le scrutin organisé par ces militants -300.000 personnes sont signataires de l’appel- pour désigner une candidature commune à gauche au printemps 2022. La “dernière chance”, selon les mots de l’ancienne ministre de la Justice de François Hollande “d’une union possible”.

Une légère clarification dans le brouillard épais qui règne au-dessus de ce côté de l’échiquier politique. Christiane Taubira a longtemps pris soin de ménager les organisateurs de la Primaire populaire, au contraire de ses différents concurrents, laissant toujours la porte ouverte à une éventuelle participation.

Risque ou aubaine?

En novembre dernier, elle était la seule figure politique -avec Clémentine Autain et François Ruffin- à s’exprimer, à distance, lors du premier rassemblement d’ampleur convoqué par ces unionistes. Accueillie par une longue ovation, elle avait tressé les louanges d’une jeunesse qui “s’exprime avec des armes nouvelles″, ”qui définit elle-même ses priorités” après avoir déjà promis aux organisateurs qu’elle ne “resterait pas observatrice dans cette campagne”.

L’officialisation est donc venue deux mois plus tard. “J’accepte le risque de la démocratie. J’accepterai le verdict”, a-t-elle promis, ce dimanche, levant un peu plus le voile sur ses intentions. Mais plus qu’un risque, cette stratégie induit un avantage certain pour celle qui avait juré “de ne pas être une candidate de plus”: glaner une légitimité populaire alors que son entrée en scène, en décembre, n’a pas fait bouger les lignes dans les enquêtes d’opinion. Elle est actuellement créditée de 3% d’intentions de vote dans les rares sondages où elle figure.

Christiane Taubira aurait ainsi beau jeu de se présenter comme la représentante des militants, des chantres de l’union, face à ceux des partis. La figure “responsable” contre les chefs de file qui ont refusé le rassemblement. Habile.

D’autant que l’ancienne ministre sera sans doute l’une des favorites de ce scrutin. Outre les différents appels du pied, de part et d’autre, elle était ressortie en tête, avec le député insoumis François Ruffin, d’un premier décompte de parrainages en septembre dernier (sur 83.000 inscrits à ce moment-là), alors qu’elle était encore loin d’entrer en campagne.

Sans Jadot ni Mélenchon

Si les organisateurs sont restés discrets, depuis, sur le nombre de soutiens dont bénéficie chaque prétendant, rien n’indique que cette dynamique s’est enrayée. Surtout, l’ancienne garde des Sceaux pourra bénéficier, pour ce “scrutin interne”, du fait d’être la seule prétendante de poids à “se plier” aux règles. Mais ce “seule en scène” comporte son lot d’inconvénients. Et ils sont majeurs.

Quelle légitimité tirer d’un vote auquel les principaux candidats refusent de prendre part? Jean-Luc Mélenchon, Yannick Jadot et Fabien Roussel n’ont pas attendu longtemps avant de fermer la porte (à double-tour), tandis que la socialiste Anne Hidalgo ne veut pas entendre parler de la chose sans la participation de son concurrent EELV.

“Quand c’est non, c’est non”, a répondu le chef de file du pôle écologiste, dimanche, sur France Inter. Déjà passé par un départage interne, il se dit même dérangé par le fait d’être inscrit d’office sur la plateforme des militants unionistes. “Je trouve ça très choquant, y compris pour une génération jeune où la question du consentement est au coeur de l’autonomie”, a ainsi fustigé celui qui ne veut pas participer à “une prophétie auto-réalisatrice de la défaite.”

Avec la Primaire populaire, Christiane Taubira a sans doute trouvé sa rampe de lancement sur-mesure. Le rassemblement, lui, cherche encore.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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