Présidentielle: la "Primaire populaire", un recours pour la gauche?

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Anne Hidalgo et Yannick Jadot à un meeting parisien le 17 avril 2021.  - Thomas Samson
Anne Hidalgo et Yannick Jadot à un meeting parisien le 17 avril 2021. - Thomas Samson

Elle patinait, la voilà qui reprend espoir. Cette formule peut à la fois désigner la Primaire populaire, un mouvement citoyen qui s’est donné pour ambition de rassembler la gauche, et cette dernière, en puzzle, et très faible dans les sondages. "Ils [les candidats] ont vraiment intérêt de s’associer avec nous pour faire gagner la gauche. Impossible d'aller à la présidentielle sans notre concours", veut croire Samuel Grzybowski, porte-parole de la Primaire populaire, répondant à BFMTV.com, avec la militante écologiste Mathilde Imer.

Le collectif recense dix candidats désignés en ligne par les votants sur sa plateforme de parrainages. Parmi eux, des élus politiques, à l’instar de l’insoumise Clémentine Autain, les candidats à la présidentielle Anne Hidalgo, Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon, en passant par l’économiste et prêtre jésuite Gaël Giraud. La particularité de l’initiative est de venir des citoyens et non des candidats. Arnaud Montebourg est même allé jusqu’au tribunal pour demander à être retiré de la plateforme. Jean-Luc Mélenchon a lui fermé la porte à toute discussion.

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Un processus longtemps boudé par les partis

Si l’éditorialiste politique de BFMTV Matthieu Croissandeau, rappelle sur notre antenne ce mardi le "refus poli" des candidats officiels à l'idée de participer à la Primaire, il estime que son "succès" - 160.000 parrainages venus de toute la France - "commence à faire réfléchir". Et de rappeler que le nombre de votants est supérieur à ceux de la primaire des Verts (plus de 120.000), et huit fois plus que le nombre de socialistes qui ont désigné Anne Hidalgo. Une victoire à relativiser face à l’ambition initiale des organisateurs de la Primaire, qui visaient les 300.000 inscrits avant début octobre.

"Ce serait peut-être un bon coup pour [Yannick] Jadot pour relancer sa campagne et être le candidat unique de la gauche", avance Matthieu Croissandeau. Du côté d’Anne Hidalgo, créditée de 4 à 5% dans les derniers sondages, il émet deux hypothèses, entre une "porte de sortie" et une "planche de rebond".

Selon les informations du Figaro, le Parti socialiste a chargé depuis peu le maire de Villeurbanne (Rhône), Cédric Van Styvendael, d’échanger avec le collectif, en plus du maire du 20e arrondissement de Paris, Éric Pliez. Si l'édile de Villeurbanne se dit "favorable à titre personnel" au rassemblement, il est "encore tôt", explique-t-il à nos confrères.

Une "prime à la bonne foi" pour se désister

Les principaux prétendants à gauche - Jean-Luc Mélenchon, Yannick Jadot et Anne Hidalgo - devront se prononcer sur leur participation avant la fin novembre. Même si le collectif assure ne pas être fixé sur cette date. D'ici-là et depuis ce lundi, les militants se relaieront chaque jour devant les sièges des trois partis pour mettre la pression.

Une autre piste est envisagée: celle d’un vote pour départager deux candidats, la socialiste Anne Hidalgo et l’écologiste Yannick Jadot. "L’union, ça ne marche pas toujours", reconnaît le porte-parole du collectif, Samuel Grzybowski. En 2017, Yannick Jadot s’était désisté en faveur du candidat socialiste Benoît Hamon, accouchant d’un score moribond de 6,36% des voix au premier tour.

"Ce n’est pas juste un calcul, on est en capacité de leur offrir un effet dynamique considérable", argumente le porte-parole. Et de vanter les 4.500 militants formés et les 500.000 euros investis dans une campagne citoyenne livrée dans tout l’Hexagone.

Surtout, la porte de sortie serait plus honorable si la candidature socialiste d’Anne Hidalgo ne parvenait pas à décoller. Samuel Grzybowski le voit comme une "prime à la bonne foi et à l’unité pour ceux qui joueront le jeu de la primaire en premier". À l’origine prévu pour décembre, le vote devant départager les candidats a été repoussé en janvier. Il pourrait encore être reporté à début février.

"Solution très expéditive"

"Je n'ai pas eu vent de cette solution très expéditive qui rajoute une primaire à celles déjà organisées", réagit la secrétaire nationale adjointe d'Europe Écologie - Les Verts (EELV), Sandra Regol, auprès de BFMTV.com.

Si elle partage leur volonté de rassembler la gauche autour d'une candidature unique, elle estime que les sondages existent déjà pour évaluer les forces en présence. Et Sandra Regol de conclure: "ce n'est pas 160.000 personnes qui vont peser très lourd sur l'ensemble de la gauche."

Article original publié sur BFMTV.com

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