Présidentielle : pour la première fois, les prisonniers français votent en nombre

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Présidentielle : pour la première fois, les prisonniers français votent en nombre
PHOTO GIACOMO ITALIANO / Hans Lucas via AFP

“Sur la carte du vote au premier tour de la présidentielle à Paris, une anomalie saute aux yeux, en plein cœur de la ville”, note le magazine américain Boltsmag, spécialisé dans les questions de justice. Un petit bastion mélenchoniste s’est formé dans le “richissime” 1er arrondissement de la capitale, qui accueille le siège du ministère de la Justice. C’est ici que sont comptabilisés les bulletins de vote des prisonniers.

Il y a cinq ans, seuls 1 000 prisonniers avaient voté au premier tour de l’élection présidentielle. Cette année, ils étaient environ 12 500. Même si le taux de participation des détenus demeure faible, avec près de 70 000 personnes incarcérées à travers le pays, Boltsmag décrit un violent contraste” avec les États-Unis, où plus de 1 million de personnes en prison sont privées du droit de vote.

L’ancien détenu et militant pour les droits des prisonniers François Korber qualifie ce résultat d’“extraordinaire”. À 70 ans, le fondateur de l’association de défense des personnes incarcérées, Robin des lois, évoque un combat de longue haleine pour l’exercice du droit de vote.

Casse-tête électoral

Sur le papier, raconte Boltsmag, la majorité des Français incarcérés peut voter depuis 1994. Dans la pratique, les choses sont bien différentes. Jusqu’à récemment, les prisonniers ne pouvaient pas voter depuis la prison ni par correspondance. Pour aller aux urnes, ils devaient obtenir une autorisation de sortie ou faire une procuration. Une procédure qui “peut tourner au casse-tête quand on est en prison, entre la paperasse à remplir et la nécessité de trouver une personne qui vote dans la même ville que le demandeur”. Seule une minorité parvenait à surmonter ces obstacles.

“Tel est le contexte dans lequel l’association de François Korber est montée au créneau.” Après avoir vainement demandé, en 2016, que des isoloirs soient installés dans les prisons, le groupe a déposé un recours et évoqué la question à l’Assemblée nationale. Ce n’est qu’en 2019 que le législateur a approuvé l’installation de bureaux de vote dans les prisons.

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