Présidentielle : pourquoi l'Arménie est l'objet des attentions de Valérie Pécresse et Eric Zemmour

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Les candidats de droite à la présidentielle défilent en Arménie dans l'espoir de s'attirer les bonnes grâces de la communauté arménienne en France et d'envoyer des clins d'œil à l'électorat catholique.

Une terre de prédilection à 4 mois de la présidentielle. Après Éric Zemmour début décembre, c'est au tour de Valérie Pécresse de se rendre en Arménie. Ce pays du Caucase, souvent présenté comme le "berceau du christianisme", fait l'objet d'une stratégie électorale bien rodée pour les candidats en 2022.

Et pour cause. La communauté arménienne en France représenterait environ 600.000 personnes dont 400.000 électeurs, selon les chiffres du Centre de recherches sur la diaspora arménienne (CRDA).

Réservoir électoral

Au moment où l’Arménie sort d’un conflit armé face à l’Azerbaïdjan, soutenue par la Turquie, les deux voisins et ennemis d'Erevan, les candidats espèrent que ces marques de soutien puissent se transformer en bulletins de vote.

"Il n'y a pas de vote arménien", juge cependant l'historien Boris Adjemian sur France Culture.

"C'est un peu illusoire de penser que les Arméniens de France voteraient comme un seul homme. C'est très hétérogène au plan politique", estime encore ce spécialiste de l'Arménie.

Mais au-delà de la tentative de chasser une clientèle électorale, l'histoire de ce territoire a l'avantage de résonner avec les thématiques portées par une partie de la classe politique, inquiète du déclin du catholicisme. Avec un objectif: séduire une frange de l'électorat catholique sensible à la défense des Chrétiens d'Orient.

"Une inquiétude civilisationnelle"

Dès la victoire de Valérie Pécresse au congrès des LR, le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau a poussé la candidate à se rendre à Erevan. Le président du groupe d'amitié Chrétiens d'Orient se rend régulièrement en Arménie et estime que la France doit tenir "un engagement moral" à leur égard.

Sur les bancs des LR, on assume ce parti pris.

"Il y a une inquiétude civilisationnelle à laquelle il faut répondre, sans se contenter de dire que tout va bien", estime ainsi le député européen, François Xavier-Bellamy, dans les colonnes du Monde.

Même son de cloche du côté d'Éric Zemmour qui a passé plusieurs jours en Arménie, aux côtés de Philippe de Villiers.

S'inspirer de François Fillon

"L'Arménie est en danger. Elle a déjà été une terre martyre du temps de l'Empire ottoman et de massacres comme le génocide arménien. De nouveau, ce pays est harcelé (...). On est là au cœur de la guerre de civilisation", avait ainsi argumenté le polémiste avant son départ dans le Caucase. Sur place, l'ancien journaliste du Figaro a multiplié les visites dans plusieurs monastères chrétiens.

Les deux candidats mettent leurs pas dans ceux de François Fillon qui s'était rendu à Erevan en 2016, pendant la primaire de la droite. Le polémiste s'efforce de séduire son ancien électorat tandis que Valérie Pécresse tente de marquer sa différence avec Emmanuel Macron.

Éric Ciotti, arrivé en tête au premier tour de la primaire interne du parti, n'avait en effet pas manqué de souligner "qu’un positionnement trop centriste, trop macroniste, n’offrirait aucune chance" en 2022.

Différence importante entre les candidats: si l'ex-éditorialiste n'a été reçu par aucun représentant du régime, Valérie Pécresse sera reçu, elle, par le président de la République et le ministre des Affaires étrangères.

Article original publié sur BFMTV.com

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