Présidentielle: pourquoi la crise de l'hôpital peine à s'imposer dans la campagne

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Les urgences du Centre Hospitalier de Polynésie Française (CHPF), à Pirae, près de Papeete le 3 septembre 2021 - Suliane FAVENNEC © 2019 AFP
Les urgences du Centre Hospitalier de Polynésie Française (CHPF), à Pirae, près de Papeete le 3 septembre 2021 - Suliane FAVENNEC © 2019 AFP

La crise de l'hôpital public en plein début de campagne présidentielle a l'allure d'un éléphant dans la pièce. Les chiffres n'ont pourtant cessé de se multiplier ces dernières semaines, alertant sur la situation sous tension que connaît le secteur hospitalier et ce, alors que les indicateurs du Covid-19 repartent à la hausse.

À gauche et au Rassemblement national, les candidats multiplient les propositions. Sur les bancs de la droite, les propos se font plus timides, tandis que la macronie tente de valoriser son bilan.

18% de lits fermés faute de personnel d'après Le Monde, 20% annonçait le Conseil scientifique quelques jours plus tard dans l'un de ses avis, 5% juge, lui, le ministre de la Santé, Olivier Véran. Gabriel Attal, a annoncé qu'une enquête était en cours pour avoir des chiffres précis. L'ampleur des défections du personnel hospitalier a beau faire débat, le constat est partagé: l'hôpital public et ses soignants sont au bord de l'épuisement.

Une gauche au chevet des soignants

En plein début de campagne présidentielle, Anne Hidalgo, qui a choisi de faire de la fonction publique l'un de ses marqueurs de campagne, s'empare du thème. En déplacement au centre hospitalier de Saint-Vallier, dans la Drôme, en octobre dernier, la maire de Paris appelle d'abord à un "plan Marshall" sur Twitter.

Avant de décliner devant les soignants qu'elle rencontre sa volonté de "redonner des moyens à l'hôpital", de "faire péter" le numerus clausus et d'en finir avec les Agences régionales de santé (ARS) qui ne "sont là que pour contenir les dépenses de santé".

Jean-Luc Mélenchon tente également de s'emparer du sujet. Le candidat à la présidentielle propose un "moratoire sur la fermeture des lits". Mathilde Panot, la présidente du groupe LFI, dénonce elle "le scandale absolu de la situation de l'hôpital", sur Franceinfo.

Enfin, Fabien Roussel qui se présente sous les couleurs du parti communiste, estime sur Twitter "ne pas avoir besoin d'être Sherlock Holmes pour comprendre que le problème, c'est les salaires et les conditions de travail".

Absence à droite

Du côté des écologistes, Yannick Jadot s'est relativement peu exprimé sur le sujet. Il avait toutefois estimé le 12 mars 2020, quelques jours avant le premier confinement, que le gouvernement avait "joué avec l'austérité budgétaire à l'hôpital".

Parmi les candidats du congrès LR, c'est morne plaine. Seul Philippe Juvin s'est exprimé longuement sur le sujet sur BFMTV dimanche 14 novembre lors du débat des candidats au congrès. Le chef des urgences de l'hôpital européen Georges-Pompidou souhaite "doubler" le nombre d'infirmiers et d'aides-soignants, tout comme le nombre de médecins en "formation dans les écoles". Le médecin propose également de "mettre 100.000 agents supplémentaires au contact du patient par redéploiement de postes administratifs ou de back-office."

L'équivalent d'un pavé dans la mare alors que ses concurrents de droite souhaitent tous réduire dans des proportions variables le nombre de fonctionnaires.

La République en marche défend le Ségur de la santé

Marine Le Pen, elle, propose de "rebâtir l'hôpital public", en défendant un moratoire sur la fermeture des lits, comme Jean-Luc Mélenchon. "Je souhaite faire des hôpitaux un problème prioritaire pour la présidentielle", a encore insisté la candidate en déplacement ce mardi à Lyon, en proposant notamment de "réintégrer les 15.000 soignants suspendus qui sont passés des applaudissements à la quasi-expulsion."

Sur les bancs de la République en marche, le malaise est palpable. "On a fait beaucoup sur l'hôpital public avec le Ségur de la santé, mais ça c'était bien avant le Covid. C'était déjà un effort énorme mais la pandémie a tout balayé. On se retrouve sans beaucoup de solution à proposer", estime un député LaREM, membre de la commission des affaires sociales, auprès de BFMTV.com.

Le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, assumait fin octobre lors d'un point presse, "ne pas pouvoir rattraper en 4 ans ce qui n'a pas été fait en 30 ans", tout en se disant "persuadé que les mesures (comme le Ségur de la santé) produiront leurs effets".

"Soyons collectivement humbles. Nous sommes responsables collectivement de cette situation (...) Nous avons fait le plus gros effort qui existe pour la santé depuis la création de la Sécurité sociale", a jugé de son côté Jean Castex ce mardi après-midi lors des Questions d'actualité au gouvernement.

La santé est devenue la principale préoccupation des Français, d'après le baromètre des territoires publié par Elabe ce mardi.

Article original publié sur BFMTV.com

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