Présidentielle: Philippe veut "participer au débat public" mais entretient le flou sur ses ambitions

Jules Pecnard
·3 min de lecture
L'ex-Premier ministre Édouard Philippe, le 4 avril 2021 sur France 2 - AFP / Thomas Coex
L'ex-Premier ministre Édouard Philippe, le 4 avril 2021 sur France 2 - AFP / Thomas Coex

Est-ce un subtil jeu de pression exercée sur Emmanuel Macron? Ou tout simplement une volonté d'entretenir son capital de popularité pour plus tard? Invité ce dimanche soir de France 2, Édouard Philippe a manié l'équivoque s'agissant de ses ambitions personnelles, sur lesquelles les rumeurs vont bon train dans la presse depuis quelques semaines. Surtout à un an d'une élection présidentielle rendue incertaine par la crise sanitaire.

S'improvisant funambule, le format télé étant plus difficile pour les développements à tiroirs, l'ex-Premier ministre - qui publie avec son conseiller Gilles Boyer un ouvrage sur ses trois années à Matignon - a tenu à rappeler sa "loyauté (...) absolue à l'égard du président de la République".

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Le maire du Havre a toutefois ajouté: "mais il se trouve que je suis aussi d'une très grande liberté de ton et de pensée, et que je veux me servir de cette liberté pour essayer de faire vivre un débat que je crois indispensable à mon pays."

"Liberté de ton"

Cette phrase pour le moins ambiguë n'est pas sans rappeler celle qu'Édouard Philippe avait prononcée auprès du Point: "Je n'ai aucune intention de voir mes convictions ou mes idées partir à vau-l'eau sans me battre pour elles." Impossible de savoir néanmoins si cette "liberté de ton" servira à défendre des "convictions" avant ou après 2022. En d'autres termes, si elle risque d'embouteiller la route d'Emmanuel Macron vers un éventuel second mandat.

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L'ancien lieutenant d'Alain Juppé a été interrogé, sur France 2, au sujet d'une phrase qui lui a été attribuée, à savoir, "Je ne serai pas candidat, sauf si peut-être Emmanuel Macron ne l'était pas".

"Je ne m'exprime pas sur ce sujet", a-t-il d'abord répondu, le visage fermé. Et d'enchaîner, sibyllin: "Je ne crois pas l'avoir dit, je ne crois pas non. En tout cas je ne suis pas sûr de l'avoir dit publiquement."

"Faire en sorte que ça réussisse"

"En un mot, le print c'est toujours plus facile que le direct", raille auprès de BFMTV.com un conseiller gouvernemental qui a regardé l'interview. Confronté à une équation insoluble, où cohabitent sa loyauté à Emmanuel Macron et son éventuelle intention de faire fructifier son étonnante popularité post-Matignon, Édouard Philippe a dû esquiver, tel son idole Mohammed Ali.

"Pendant trois ans j'ai travaillé (...) pour essayer de faire en sorte que ça réussisse. Je ne peux pas être aujourd'hui celui qui souhaiterait l'échec. Il y aurait quelque chose qui serait profondément incohérent avec ce que je suis et avec l'idée que je me fais de moi-même", a-t-il affirmé, rappelant sa volonté de "mettre en œuvre les engagements" du chef de l'État.

Alors qu'Emmanuel Macron ne donne - pour l'instant - aucun signe de vouloir renoncer à briguer un second mandat, la prestation d'Édouard Philippe ce dimanche soir illustre combien il est difficile pour un ancien chef du gouvernement de prendre son autonomie. Surtout vis-à-vis de celui qui l'a nommé.

Article original publié sur BFMTV.com