Présidentielle: le parti animaliste veut imposer sa patte dans la campagne

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Hélène Thouy, candidate à la présidentielle pour le parti animaliste, lors d'une conférence de presse à Paris le 1er juillet 2021 - Christophe ARCHAMBAULT © 2019 AFP
Hélène Thouy, candidate à la présidentielle pour le parti animaliste, lors d'une conférence de presse à Paris le 1er juillet 2021 - Christophe ARCHAMBAULT © 2019 AFP

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La cause animale a le vent en poupe. Alors que le Parlement a définitivement adopté ce jeudi la loi contre la maltraitance animale lors d'un vote au Sénat remporté à une majorité écrasante, un sondage Ifop commandé par le parti animaliste crédite ce dernier, qui présentera une candidate pour la première fois de son histoire en avril, de 2% d'intentions de vote. Un score certes bas, mais qui place la formation devant des candidats tels que Philippe Poutou, Jean Lassalle ou encore Arnaud Montebourg.

Cette séquence politique favorable va permettre à ce parti créé en 2016 de faire valoir ses idées.

"Évidemment qu’ils n’ont pas d’illusions sur le fait d’être élu, ça va de soi, la présidentielle c’est comme une espèce de porte-voix, ça vous fait connaître de beaucoup plus de gens que l’audience qu’elle a actuellement, c’est ça le but", confirme sur BFMTV Daniel Boy, directeur de recherches à Sciences Po.

Sortir de l'élevage intensif

Logiquement, l'objectif principal du parti animaliste est de participer à l'amélioration des conditions de vie des animaux. "Que ce soit l’économie, l’emploi, la santé, l’environnement, l’agriculture, l’éducation, on intègre les animaux, on propose des mesures qui sont à la fois favorables aux humains mais aussi aux animaux", explique sur BFMTV Hélène Thouy, qui sera la candidate du parti en avril prochain.

Ce vendredi matin sur l'antenne d'Europe 1, elle a d'ailleurs détaillé son programme, arguant que "80% des animaux vivent enfermés dans des bâtiments et 3 millions d’animaux terrestres sont tués dans les abattoirs dans conditions qu’on sait." Pour elle, la loi votée par le Parlement est "très très insuffisante."

Le parti propose "une diminution de 50% de la consommation et de la production de viande à l’horizon fin du mandat. L’élevage intensif est effroyable et rejeté par une majorité des Français, la souffrance animale a des conséquences sanitaires et environnementales, les éleveurs sont en grande détresse et veulent en sortir", ajoute celle qui souhaite "un arrêt de l’élevage industriel et la valorisation du végétal."

En revanche, Hélène Thouy l'assure, cette mesure, qui serait sa première en cas de victoire à l'élection présidentielle, ne serait pas synonyme de l'abandon des éleveurs français.

"Il n'est pas question d’abandonner les éleveurs, il faut les aider à se reconvertir. Je suis de plus en plus contactée par les éleveurs en intensif, ils sont dans le désespoir, ils ont cru aux gouvernements de droite et de gauche qui ont dit 'produisez plus pour gagner plus.' Ils se sont endettés et gagnent toujours moins en travaillant toujours plus, Le système ne fonctionnera jamais et il faut avoir le courage d’en sortir", martèle Hélène Thouy. 876450610001_6282639079001

Le difficile challenge des parrainages

Pour l'heure, le parti animaliste se heurte à un premier obstacle: celui de l'obtention des 500 signatures afin de pouvoir participer à la présidentielle. Cette semaine, plusieurs membres de la formation, dont Hélène Thouy, se sont rendus au congrès des maires à Paris, afin de rencontrer les élus. Une visite fructueuse qui aurait permis de récolter une trentaine de parrainages.

"C’est la clé de voûte et pour nous c’est important de pouvoir se présenter aux maires, leur montrer que c’est une question importante pour les citoyens, ils en sont pour l’immense majorité d’entre eux convaincus", fait valoir la candidate.

Sur Europe 1, cette avocate de profession a rappelé que contrairement aux autres candidats "(elle) continue de travailler, je jongle entre les deux." Cependant, elle assure également pouvoir compter sur une équipe de bénévoles qui travaillent sans relâche à la chasse aux parrainages.

"Ca avance, l'accueil est favorable et les maires sont conscients du déni de démocratie si on ne pouvait pas se présenter. La difficulté c’est que les maires refusent de parrainer n’importe quel candidat que ce soit. Les militants prennent des jours de congés, c'est un travail difficile, mais donner un parrainage ce n’est pas nous soutenir", conclut-elle.

Lors des dernières élections européennes, le parti animaliste avait fait sensation en récoltant 2,2% des suffrages "sans médias et sans moyens financiers." Aux municipales qui ont suivi, aucun élu animaliste n'a été nommé, mais plusieurs alliances avec des partis de droite et de gauche ont été réalisées, de quoi souligner la volonté assumée d'un parti transpartisan, "ni de droite ni de gauche."

Article original publié sur BFMTV.com

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