Présidentielle en Ouganda : Bobi Wine, le chanteur que le pouvoir veut museler

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Si la politique était un sport de combat, Bobi Wine, de son vrai nom Robert Kyagulanyi, serait un champion dans l'art d'encaisser les coups. Depuis que le chanteur de reggae ougandais a délaissé les concerts pour se faire élire député, il y a trois ans, pas une semaine ne passe sans que le gouvernement ne lui adresse un uppercut. Arrêté à de nombreuses reprises, parfois torturé, il s'est vu jeudi interdire de meeting près du lac Victoria, officiellement pour ne pas avoir tenu compte des restrictions sanitaires liées au Covid-19. Quelques jours auparavant, l'un de ses gardes du corps avait été tué, "renversé" par un camion de la police.

Il défie l'indéboulonnable Yoweri Museveni

Malgré les entraves, la star de 38 ans tient bon. Devenu chef de file de l'opposition, Bobi Wine a décidé de maintenir sa candidature à l'élection présidentielle du 14 janvier. En défiant l'indéboulonnable Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986 et candidat à un sixième mandat, il est d'ailleurs devenu le héraut d'une jeunesse urbaine avide de changement. Il était déjà son héros, lui l'enfant d'un quartier pauvre de Kampala devenu cette star absolue surnommée le "président du ghetto".

Cette popularité fait trembler le régime, prêt à tout, même à la violence, pour garder la main sur le pays. En novembre, une énième arrestation de l'artiste avait entraîné de violents affrontements entre ses partisans et la police, causant la mort de 54 personnes.


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