Présidentielle: Jadot prévoit de réunir les dirigeants de gauche "sous 15 jours"

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L'eurodéputé EELV Yannick Jadot, le 9 décembre 2020 à Paris

Yannick Jadot (EELV) prévoit de réunir "sous 15 jours" les dirigeants de gauche qui ont répondu favorablement à son appel, convaincu qu'un candidat commun à la présidentielle de 2022 pourrait être désigné à l'automne, assure-t-il au Journal du dimanche.

"Notre responsabilité historique est de nous mettre autour de la table", affirme le député européen, après avoir reçu cette semaine des réponses positives notamment de Jean-Luc Mélenchon, Olivier Faure, Fabien Roussel et Benoît Hamon, leaders respectivement de LFI, du PS, du PCF et de Générations.

La première réunion aura lieu "sous quinze jours", "nous sommes en train de caler les agendas", précise-t-il en soulignant que l'ancien ministre Arnaud Montebourg "ne viendra pas" et que l'ancienne garde des Sceaux Christine Taubira, "qui est en Guyane, salue l'initiative mais préfère rester en retrait à ce stade".

Le numéro deux de LFI Adrien Quatennens a précisé dimanche sur BFMTV que son parti avait proposé la date du 7 avril pour un "acte 1, avant de discuter candidature et programme: pour résister à l'offensive de l'extrême droite dans le pays".

"Nous pouvons avoir un candidat ou une candidate commun à l'automne", pronostique pour sa part l'eurodéputé écolo, proposant d'ouvrir dès à présent "dix chantiers": "la justice sociale, un plan de relance pour réparer la société, l'hôpital, l'école, la reconstruction de notre économie autour des enjeux du climat, des soins, de la relocalisation, la réforme de nos institutions pour revitaliser la démocratie, l'émancipation et la cohésion par et autour du pacte républicain, la transformation de notre agriculture pour sauver les paysans et la biodiversité".

Aux yeux de M. Jadot, "il y a de l’enthousiasme autour de cette initiative, je ne veux pas qu’il soit déçu. Les Français attendent de nous qu’on bouge collectivement".

Convaincu que "les gauches ne sont pas irréconciliables", il attend de Jean-Luc Mélenchon, qu'il a rencontré, qu'il "décide" s’il veut "s'inscrire dans cette démarche commune": "la porte est ouverte".

M. Quatennens se félicite que Yannick Jadot ait compris "qu'on peut difficilement se passer du candidat le mieux placé" à gauche, soit M. Mélenchon.

"Nous avons un programme, nous le mettons sur la table. Jean-Luc Mélenchon ne dit pas c'est à prendre ou à laisser" et "jusqu'à l'été, la discussion programmatique est ouverte", selon le député insoumis.

"Il y a une difficulté (...): Yannick Jadot ne parle pas au nom des Verts, il parle en son nom à lui", a-t-il cependant relevé.

Alors qu'une primaire est déjà prévue en septembre pour le pôle écologiste regroupant notamment EELV et Générations, M. Jadot, qui a pris ses distances à l'égard de ce processus, assure que "les écologistes ne pourront pas imposer aux autres (à gauche) leur candidature". Et d'ajouter: "Si un processus permet d’envisager la victoire, j’espère que chacun s’inscrira dans ce mouvement".

Le secrétaire national des Verts Julien Bayou a affirmé sur Twitter dimanche soir que cette primaire se situait "loin des décisions prises à huis clos ou des mouvements centrés sur une seule personne forcément providentielle", faisant valoir le "sens du collectif et de la démocratie" pour "incarner un combat commun".

Il a précisé le calendrier de ce scrutin ouvert aux adhérents et sympathisants d'EELV: l'ouverture d'une plateforme de mise en débat du projet "la semaine prochaine", l'ouverture des candidatures "en juillet" puis le vote en septembre, "moyennant 2 euros" pour les non adhérents.

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