Présidentielle, guerre en Ukraine: ce que pensent les Français des journalistes

Comme chaque année à l'approche des Assises internationales du journalisme, l'institut de sondage Viavoice publie son baromètre sur l'utilité du journalisme. Comment les Français perçoivent la profession ?

Contexte électoral oblige, pour la 6e édition de son baromètre sur l'utilité du journalisme, l'institut Viavoice s'est concentré sur le traitement journalistique de la politique. L'étude publiée ce samedi révèle ainsi que la qualité de l’information délivrée par les journalistes durant la campagne présidentielle a été « bonne » pour 57% des Français. Un chiffre « plutôt réconfortant pour la profession, qui souffre régulièrement d’un jugement un peu sévère », estime Jérôme Bouvier, président de Journalisme et citoyenneté et organisateur des Assises internationales du journalisme.

Durant cette campagne, les trois quarts des Français ont choisi la télévision pour s'informer, sûrement en raison de la diffusion de débat entre les candidats. Viennent ensuite la radio, la presse écrite et internet. S'ils y ont trouvé des renseignements sur les programmes ou encore les enjeux de cette élection, les Français assurent pour une grande majorité que les médias n'ont pas influencé leur choix, une fois dans l'isoloir.

La concentration des médias mise en cause

La confiance envers les médias varie fortement selon les sujets couverts par les rédactions. Ainsi, si l'actualité politique intéresse une grande majorité des Français, son traitement par les journalistes suscite la défiance de près d’un sondé sur deux (48%). À l'inverse, lorsqu'il s'agit de l'actualité culturelle, sportive, économique, ou encore environnementale, 60 à 82% des Français se qualifient de confiants.

Le manque supposé d'objectivité des journalistes est manifestement en cause. Plus de 60% des personnes interrogées estiment que les médias ne traitent pas de la même manière toutes les tendances politiques. Elles sont autant à trouver que journalistes et politiques sont dépendants les uns des autres.

► À écouter aussi : Le rapport aux médias des candidats d'une présidentielle atypique

La concentration des médias pourrait nourrir cette perception. Plus de 80% des sondés pensent que ce phénomène porte atteinte au débat démocratique, et 65% que cette concentration limiterait l'indépendance éditoriale des journalistes, appartenant à des groupes de presse.

Un rôle crucial en temps de crise

Autre enseignement de cette étude, le journalisme est un métier jugé d’autant plus utile en période de crise. Quatre-vingt-dix pour cent des personnes interrogées l'assurent, soit 4 points de plus qu'avant la pandémie.

Face à des enjeux qui ne sont pas toujours familiers comme les questions de géopolitique, le journalisme semble démontrer encore un peu plus son importance. Près de trois Français quatre l'estiment indispensable pour mieux comprendre la guerre en Ukraine. Son traitement par les médias a permis à un peu plus de 60% de se forger une opinion sur les responsabilités dans ce conflit, et à autant d'éviter le piège des fausses nouvelles.

Une grande majorité des personnes interrogées – 91% – a d'ailleurs conscience de l'explosion des rumeurs et infox sur la toile. C'est 3 points de plus en un an. Plus de trois Français sur quatre font donc confiance aux informations émanant de médias professionnels, bien plus qu’à leurs proches ou aux réseaux sociaux.

Seule ombre au tableau du traitement journalistique de cette guerre, sa place dans le débat politique, en pleine campagne présidentielle, et son utilisation par les candidats les plus radicaux. Près de la moitié des Français ont trouvé ce traitement orienté et sensationnel. Signe d'une exigence, selon l'institut Viavoice, plutôt que d'une méfiance de la part des Français.

► À écouter aussi : Comment les médias s'emparent de l'urgence climatique

Les 15e Assises internationales du journalisme, auront lieu à Tours, au Sud de Paris, du 9 au 13 mai, en partenariat avec France Télévisions, Radio France, le Journal du Dimanche et France Media Monde.

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles