Présidentielle française: l'avenir de la coopération Paris-Berlin et du projet européen inquiète les Allemands

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Le débat du deuxième tour de l’élection présidentielle en France opposera ce 20 avril, à la télévision, comme il y a cinq ans, Emmanuel Macron à Marine Le Pen. Ce débat, comme la fin de la campagne, sont particulièrement suivis en Allemagne, premier partenaire de la France en Europe.

De notre correspondant à Berlin,

La campagne électorale en France a été suivie en Allemagne avec une moindre attention qu’il y a cinq ans lorsque le pays tremblait à l’idée que Marine Le Pen puisse remporter la présidentielle. Cette année, cette option semble beaucoup plus crédible et pourtant en Allemagne comme ailleurs, on est parti du principe que les sondages donnant systématiquement Emmanuel Macron en tête réduisaient le suspense et que le président sortant allait être réélu sans problème. La guerre en Ukraine a aussi limité la couverture de la campagne électorale en France dans les médias allemands. C’est seulement dans les derniers jours qui ont précédé le premier tour que les sondages soulignant une montée en force de Marine Le Pen ont commencé à alerter ici.

Silence gêné

Les responsables de premier plan de la classe politique allemande ne se sont pas exprimés. Des déclarations officielles pourraient être perçues comme une immixtion dans les affaires intérieures françaises et susciter des polémiques en France. Mais il est clair qu’au sein de la coalition associant sociaux-démocrates, verts et libéraux, on soutient Emmanuel Macron. Cela vaut aussi pour les chrétiens-démocrates (CDU), dont la ligne politique suscite des états d’âme notamment en raison des prises de position de l’aile la plus à droite.

Des responsables qui ne sont pas aux affaires à Berlin se sont toutefois exprimés, comme l’ancien candidat à la chancellerie chrétien-démocrate, Armin Laschet, pour qui c’est l’avenir de l’Europe qui se joue dimanche 24 avril. Il a souligné qu’aux élections allemandes de septembre, un large consensus sur l’Europe réunissait la plupart des partis susceptibles de gouverner, ce qui n’est pas le cas en France. Les conservateurs allemands comme la coalition actuelle qui ont travaillé avec Emmanuel Macron souhaitent sa réélection et voient dans une victoire de Marine Le Pen une remise en cause de la coopération franco-allemande et au-delà du projet européen.

Le scénario catastrophe dans tous les esprits

La possibilité d’une victoire de Marine Le Pen suscite l’inquiétude. « Que se passe-t-il si elle gagne ? » titre le magazine Der Spiegel. La deuxième chaine publique ZDF en écho écrit « Ce qu’une victoire de Le Pen signifierait ». « Cauchemar Le Pen » a titré en Une le quotidien conservateur Frankfurter Allgemeine pour lequel la victoire de la candidate d’extrême-droite serait fatale pour l’Allemagne et une catastrophe pour l’Europe. Le journal Tagesspiegel de Berlin soulignait hier que plus de la moitié des électeurs dimanche 24 avril prochain n’aurait aucun problème si la France rompait sa relation avec l’Allemagne. La remise en cause des projets communs notamment industriels inquiète en Allemagne. Mais aussi les conséquences pour l’Europe. Le quotidien Süddeutsche Zeitung parle aussi de « cauchemar » et estime qu’une victoire de Marine Le Pen dimanche 24 avril serait un succès politique pour Vladimir Poutine avec les dommages collatéraux pour l’Europe qu’une telle élection entrainerait, un succès plus important que ceux plus laborieux du président russe sur le plan militaire en Ukraine.

Pour résumer, la tension grandit à Berlin où le débat de ce 20 avril, comme la soirée électorale, seront suivis avec la plus grande attention. Sans s’exprimer officiellement, le soutien en faveur d’Emmanuel Macron est très large, sauf à l’extrême-droite. Il n’est pas sûr qu’un plan B soit dans les tiroirs si Marine Le Pen l’emporte.

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