Présidentielle aux États-Unis: que contient le programme de Donald Trump?

Hugo Septier
·4 min de lecture
Donald Trump le 12 octobre 2020 à Sanford, en Floride - SAUL LOEB © 2019 AFP
Donald Trump le 12 octobre 2020 à Sanford, en Floride - SAUL LOEB © 2019 AFP

Sur le site de campagne de Donald Trump pour la prochaine élection présidentielle américaine, plusieurs choses sont proposées. Entre la liste des prochains meetings, une boutique en ligne bien garnie de goodies plus ou moins utiles et un tutoriel sur comment voter, le visiteur n'est certainement pas laissé pour compte. Pourtant, à un peu plus de deux semaines du scrutin, la plate-forme ne dispose toujours pas de page dédiée au programme de Donald Trump.

Et pour cause, il faut dire qu'au fil de ses meetings, et lors du premier débat qui l'opposait à son adversaire démocrate Joe Biden, le candidat républicain à sa propre succession n'a guère brillé par ses idées, mais plutôt par ses attaques virulentes et parfois personnelles qui lui ont d'ailleurs été largement reprochées ces dernières semaines. Pourtant, le temps presse pour l'ancien magnat de l'immobilier, qui semble faire du surplace, voire dévisser dans les sondages depuis quelques semaines.

Programme ou promesses tenues?

Il semble qu'en prévision du scrutin national, Donald Trump préfère en réalité capitaliser sur les réussites de son actuel mandat. En guise de programme détaillé, le site de campagne propose une catégorie Promises Kept, "promesses tenues" en version française.

Là, l'équipe de campagne de Trump a catalogué l'ensemble des réussites de l'administration depuis 2016. En ce qui concerne le volet économique par exemple, on apprend que durant ces quatre dernières années, un allègement fiscal de 82% a été accordé à de nombreuses familles de classe moyenne grâce à sa loi sur les réductions d'impôts. De plus, il est aussi indiqué que sous sa présidence, le PIB du pays a bondi de 3% et que le chômage est arrivé à son niveau le plus bas depuis 50 ans.

Promesse majeure de son élection en 2016, le mur qui devait isoler les États-Unis du Mexique, est également mis en valeur. Dans cette catégorie nommée Immigration, il est souligné que plus d'une centaine de kilomètres de cette nouvelle frontière ont été construits sous ce mandat. Le site se félicite également du retrait du pays des négociations pour un "Pacte mondial sur les migrations" qui, selon eux, aurait fait perdre aux États-Unis sa souveraineté en la matière.

Autre pierre angulaire de l'élection de Trump en 2016, l'amélioration de l'accès aux soins pour les Américains. Fervent pourfendeur de l'Obamacare mis en place par son prédécesseur, Trump a, toujours selon la plate-forme officielle, signé un décret exécutif pour permettre des soins abordables aux plus défavorisés. "En décembre 2018, les prix des médicaments en fin d'année ont chuté pour la première fois en près de 50 ans", peut-on également lire.

En ce qui concerne le coronavirus, l'administration aurait également débloqué 20 milliards de dollars pour les fournisseurs en première ligne lors de la pandémie.

Des grandes lignes

"Je renforcerai ce que j'ai déjà fait et je ferai de nouvelles choses." Lors d'une interview donnée en août dernier auprès de Fox News, Donald Trump avait en réalité bien résumé sa stratégie pour 2020: bâtir sur des réussites. Si le candidat républicain n'a pas de programme établi, il est toutefois possible de retrouver les grandes lignes de ce que seraient ces four more years dans des prises de parole de ces dernières semaines.

Au mois d'août, Trump avait par exemple affiné son volet économique lors d'une conférence de presse donnée depuis la Maison Blanche. Là, Donald Trump avait lancé vouloir créer 10 millions d'emplois sur les dix prochains mois et un million de nouvelles petites entreprises. Seul hic, il n'a toujours pas expliqué la manière dont il comptait s'y prendre.

Sur le thème de la santé, le candidat républicain assurait également vouloir trouver un vaccin contre le coronavirus d'ici la fin de l'année 2020. Toujours depuis la Maison Blanche, il avait en septembre dernier fixé une date butoir: celle d'avril 2021. Là encore, ces promesses n'avaient pas été accompagnées de plus de détails.

"Nous allons continuer à gagner"

Alors pour combler les trous qui jonchent son programme, Donald Trump capitalise sur son image. Lors de la campagne de 2016, ce dernier se présentait comme un candidat anti-système, une position plus difficile à tenir aujourd'hui avec le bilan d'un mandat à défendre.

Pourtant, lors de ses derniers meetings, les schémas semblent les mêmes qu'il y a quelques années. Mardi passé, à Johnstown, petite ville de Pennsylvanie, pour son deuxième meeting post-Covid, le candidat a récité ses classiques.

Il a dressé le même tableau apocalyptique d'une Amérique qui, à l'écouter, s'enfoncerait dans le chaos et la récession et deviendrait "un Venezuela à grande échelle" si un démocrate venait à lui succéder dans la Bureau ovale.

Les propos moqueurs et les insultes sur Joe Biden pleuvent. "Il n'a pas la moindre idée de ce qu'il dit!". "Il est grillé, et ce n'est pas un type bien", "Même dans ses meilleures années, il était considéré comme stupide."

Sur son programme pour les quatre années à venir, rien ou presque au-delà de la traditionnelle envolée finale que tout le monde connait par coeur et reprend à l'unisson.

"Nous allons continuer à nous battre, et nous allons continuer à gagner, gagner, gagner!"

Article original publié sur BFMTV.com